Galabru faisait partie des "ringards" autour de de Funès

Michel Galabru vouait une admiration sans borne à la star du Gendarme de St-Tropez.

Patrick Laurent

Michel Galabru vouait une admiration sans borne à la star du Gendarme de St-Tropez.

Michel Galabru est entré dans l’histoire des Césars en devenant en 1977, un an après Philippe Noiret, le deuxième vainqueur du César du meilleur acteur pour Le juge et l’assassin.

Un film dans lequel il incarnait un criminel terrifiant que tentait de démasquer le magistrat… Philippe Noiret.

Malgré cela, pour la postérité, il sera éternellement l’adjudant Jérôme Gerber du Gendarme de St-Tropez. Un rôle qui avait été originellement confié à Pierre Mondy, qui ne se montra pas intéressé. Pas le rôle le plus subtil pour un ancien sociétaire de la Comédie Française, mais jamais Michel Galabru ne s’en plaignait pas. Bien au contraire : il gardait une tendresse énorme pour Louis de Funès qui lui avait permis d’accéder à une notoriété gigantesque. "Avec lui, on était sûr de bien s’amuser. Ce qui m’impressionnait le plus, c’est qu’il savait pertinemment ce qui allait faire rire le public. Et c’est pour cela qu’il était très exigeant sur un plateau. Une seconde trop tard, un gag n’est plus drôle. Et cela, il ne pouvait l’accepter. Il était très nerveux mais aussi très amusant. Avec lui, la moindre histoire devenait hilarante. Il pouvait exprimer tellement de choses par son seul visage. Les fous rires que j’ai eus avec lui me manquent."

Élégant de sa part , alors que selon la légende, il aurait entendu une conversation très désagréable entre producteurs avant de passer le casting : "Il paraît que pour tourner aux côtés de Louis de Funès, ils cherchent une équipe de ringards qui ne coûtera pas trop cher…", rapportera-t-il lui-même.

Plus que des gags, il se souvenait de la timidité de Fufu.

" Beaucoup me disent, encore actuellement, que de Funès n’était pas commode. En fait, il était maladivement timide. Si vous lui aviez demandé une interview, il se serait caché ou aurait fait dire qu’il n’était pas libre. La timidité de Louis me rappelait la mienne, quand j’étais enfant. Quand des amis de mes parents arrivaient à la maison, mon frère me disait que j’étais tellement gêné que j’en avais l’air con. Les comiques sont des gens timides qui s’entraînent, par le gag, à camoufler leur gêne."

Modeste, profondément humain et respectueux, il avait aussi le don de formuler des explications désopilantes pour expliquer son parcours. " Quand un acteur joue dans un bon film, il est forcément bon. Et il n’y a plus que des réalisateurs de talent qui l’engagent ! Pour moi, ça a été difficile parce que j’ai dû faire la route à l’envers : je suis passé des mauvais aux bons films, ce qui n’est pas dans la logique des choses. Bertrand Tavernier a su déceler, comme l’a écrit un critique, dans le ringard des gendarmes que j’étais son assassin dans Le juge et l’assassin, ce qui m’a valu un César. Mais il faudrait décerner aussi des récompenses aux acteurs qui tournent des navets, parce que c’est beaucoup plus difficile de se montrer correct dans un mauvais film que dans un bon."

Une logique inattaquable, formulée avant tant de bagou qu’on ne pouvait qu’approuver…

Les derniers annonces avec LOGIC-IMMO.be