David Bowie au cinéma: de Furyo à Bob l'Eponge

Un chiffre résume à lui seul l'influence de David Bowie dans le 7e art : 452. Soit le nombre de fois que ses musiques sont créditées au générique d'un film ou d'une série télé. Hallucinant.

Patrick Laurent

Un chiffre résume à lui seul l'influence de David Bowie dans le 7e art : 452. Soit le nombre de fois que ses musiques sont créditées au générique d'un film ou d'une série télé. Hallucinant.

Ce n'est peut-être pas un record, mais le sommet n'est alors pas loin. De Space Odity en 1969 dans le court métrage Love You Till Tuesday à ... Space Odity en 2015 dans Mad Men, David Bowie a influencé plusieurs générations de cinéastes par sa créativité et ses évolutions musicales.

Mais il ne s'est pas uniquement contenté d'écrire pour le cinéma. David Bowie avait l'ambition de s'imposer aussi comme un acteur majeur et il s'en est donné les moyens en tournant pas moins de 33 courts et longs métrages. Si on ne se souvient guère de sa première apparition dans The Image, un court métrage passé inaperçu en 1967, sa présence magnétique, sa peau pâle et son regard mystérieux ont nettement plus marqué les imaginations dans le formidable Furyo de Nagisa Ōshima (il incarnait un officier que Ryūichi Sakamoto tentait de briser moralement et physiquement) ou dans Les prédateurs (avec Catherine Deneuve, il forme un couple de vampires particulièrement glamour). Deux films sortis sur nos écrans en 1983, et qui l'imposent comme une star à part entière du grand écran.

Pour beaucoup de cinéphiles, il atteint le sommet de sa gloire trois ans plus tard, avec Labyrinthe, un conte enfantin peuplé de créatures inquiétantes et magnifié par les effets spéciaux de Jim Henson. Même si les trucages ont vieilli, la magie du récit opère toujours. Et David Bowie, en roi androgyne des Gobelins, fait définitivement partie de l'imaginaire de tous les kids des années 80.

Par la suite, il privilégiera systématiquement la musique au cinéma. Et se contentera de rôles secondaires dans des oeuvres souvent marquantes : une apparition dans Absolute beginners de Julien Temple, Ponce Pilate dans La dernière tentation du Christ de Martin Scorsese, un agent du FBI dans Twin Peaks: Fire Walk with Me, Andy Warhol dans le Basquiat de Julian Schnabel, un physicien génial dans Le Prestige de Christopher Nolan ou encore une apparition en tant que lui-même dans Zoolander.

Bowie a "été" Bob l'éponge !

Éclectique, il a aussi doublé Maltazard dans Arthur et les Minomoys ou Lord Royal Highness dans Bob l'Eponge. Aussi étrange que cela puisse paraître, il adorait Bob l'Eponge. Qu'il regardait avec sa fille, Alexandria Zahria, quand elle était petite. Un attachement qui l'avait poussé à écrire une chanson originale pour la comédie musicale Bob l'Eponge. Pas sûr que le cancer lui ait laissé le temps de concrétiser ce projet. Ce qui n'est pas trop grave : ce n'est pas cette image-là que les fans tiennent à garder de David Bowie. Et surtout pas les cinéphiles. C'est fou ce que démange désormais l'envie de revoir Furyo...


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