Mocky: "Un gros projet avec Poelvoorde"

Jean-Pierre Mocky était présent au Ramdam, le temps d’une leçon de cinéma.

Mickaël Delfosse
Mocky: "Un gros projet avec Poelvoorde"

Jean-Pierre Mocky était présent au Ramdam, le temps d’une leçon de cinéma.

C’est un véritable personnage de prestige qu’accueillait ce lundi le Ramdam, le festival du film qui dérange. En effet, Jean-Pierre Mocky était à Tournai ce lundi. Qui de mieux que le réalisateur de La Grande Lessive, À mort l’arbitre ou encore de Calomnies pouvait honorer un tel festival de par sa présence ! "À vrai dire, je ne connaissais pas vraiment le Ramdam, Tim Burton m’en avait vaguement parlé et Gérard Depardieu, de par son passage à Tournai, me l’avait chaudement conseillé."

À 82 ans, Jean-Pierre Mocky n’a rien perdu de son traditionnel franc-parler qui a notamment fait de lui un personnage culte, haut en couleur. "Quelque chose que j’envisage pour la suite est de créer mon propre festival. Le festival du film bizarre. J’en ai d’ailleurs déjà parlé avec Woody Allen et nous avons pensé à célébrer ces films qui sortent de l’ordinaire. Il faudrait encore trouver une ville qui serait susceptible de nous accueillir."

Quand on lui évoque la Belgique, la réaction de Jean-Pierre Mocky ne se fait pas attendre ! "C’est forcément positif et cela pour deux bonnes raisons. Tout d’abord suite à mon film Solo, sorti en 1970. Ce dernier avait été une coproduction franco-belge et il fait partie de mes plus gros succès. Ensuite, c’est lorsque j’ai repris l’œuvre de l’écrivain belge Jean Ray, La cité de l’indicible peur. Ce dernier m’a permis d’être classé 99e meilleur film du monde. Ça a de la gueule quand même".

Et son petit flirt avec notre pays pourrait bien connaître de nouvelles histoires. "J’ai pour projet de tourner un film avec Cécile de France et d’en tourner un autre à Bruges, une ville que je trouve admirable. J’ai un autre gros projet avec Benoît Poelvoorde avec qui j’ai de très bons rapports. Il faut maintenant qu’il soit disponible !"

Présent ce lundi au Ramdam, le célèbre réalisateur a tenu une conférence intitulée Leçon de cinéma. L’occasion de revenir avec lui sur l’évolution de son métier. "Avec l’évolution technologique actuelle, les jeunes réalisateurs ont beaucoup plus de facilité pour tourner un film que ma génération qui est également celle de Claude Chabrol ou encore Claude Lelouch. La réalisation de film va aujourd’hui être aussi accessible que la peinture et l’écriture. Mon prochain film sera d’ailleurs réalisé à partir d’un téléphone, ce qui est une nouvelle manière de travailler !" Une évolution qui a aussi ses points négatifs selon Jean-Pierre Mocky. "Auparavant, il fallait une vingtaine de personnes pour réaliser un film. Aujourd’hui, trois-quatre suffisent. C’est bien mais d’un autre côté, cela va se ressentir sur l’emploi et cela fera des personnes en plus au chômage."

Enfin, M. Mocky n’y va pas par quatre chemins lorsqu’on lui parle de terrorisme. "J’ai l’impression qu’en Belgique, on arrête suite aux menaces terroristes. Mais on ne peut rien prévoir ! Le principe même de ces gens est de frapper lorsque l’on ne s’y attend pas. C’est pour cela que c’est un abcès très difficile à cicatriser, car cela peut arriver n’importe quand !" Il conclut sur une déclaration bien propre à lui. "Prévoir un attentat est très difficile. Alors on peut stopper un festival, comme le Ramdam l’a été l’année passée, pendant trois ou quatre jours pour que finalement tout explose au bout du cinquième quand tout à repris. Il faut qu’on vive, tout simplement !"

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