Ladj Ly, grand vainqueur des César avec Les Misérables: "L'ennemi, ce n'est pas l'autre, c'est la misère"

César 2020: les réactions des gagnants et des autres. Mais aussi quelques bons mots de Florence Foresti.

Ladj Ly, grand vainqueur des César avec Les Misérables: "L'ennemi, ce n'est pas l'autre, c'est la misère"
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César 2020: les réactions des gagnants et des autres. Mais aussi quelques bons mots de Florence

Voici les réactions des grands gagnants de la soirée et... des autres.

Florence Foresti: “On devrait aussi célébrer les remettants absents. Les acteurs qui ont annulé, ils n'ont jamais aussi bien joué de leur vie. Ils mériteraient un César. Je peux vous dire que le cinéma se porte bien. Le nombre de films qui se tournent ce soir, avec des castings de malade, c'est dingue. C'est vraiment dommage qu'il n'y aura plus de cérémonie des César l'an prochain....”

Ou encore: "Certaines catégories ne sont pas représentées. Et pourtant, ils sont 1,5 million en France: les chats ! Les Rintintin et tout ça, il y en a . Mais je trouve que cela manque de chatte dans le cinéma français."

Sans oublier: "La nudité ne va pas à tout le monde. Weinstein habillé, c'est sans doute moins dégueulasse. Conseil aux futurs prédateurs: restez habillés."

Ladj Ly (meilleur film: Les Misérables): "Je tiens à remercier les deux millions de personnes qui ont été voir le film. Les misérables, ce ne sont pas que ceux qui habitent les: " cités. La misère touche de plus en plus de Français. Le seul ennemi, ce n'est pas l'autre, c'est la misère."

Anaïs Demoustier (meilleure actrice pour Alice et le Maire): "J'ail l'impression que c'est une blague. C'est un film que j'aime énormément, parce qu'il contient de la délicatesse, de l'intelligence et de l'humour."

Fanny Ardant (rôle secondaire): "On ne sait pas quoi penser des prix. Au début de la Bible, il y a une compétition devant Dieu entre Cain et Abel. Je me suis demandé ce qu'on veut nous faire comprendre. Au fond, je pense toujours à une récompense comme une glace un jour de grande chaleur: c'est très agréable mais éphémère."

Roschdy Zem (meilleur acteur pour Roubaix, une lumière): "Je remercie tous les réalisateurs qui, depuis 30 ans, m'ont permis d'avoir cette chose précieuse, un parcours, qui me permet d'être avec vous ce soir. L'important n'est pas de courir vite pour rattraper ceux qui sont devant, mais de courir longtemps."

Swann Arlaud (rôle secondaire pour Grâce à Dieu): "Si le cinéma a encore ce pouvoir de faire trembler, alors, on peut être fier de ce qu'on fait, parfois."

Nicolas Bedos (Adaptation pour La belle époque): "L'émotion me nique la mémoire. Je remercie mes parents pour toutes leurs disputes, les larmes de Fanny Ardant, les colères de Doria Tillier sans qui je ne serais pas là. Je remercie aussi les imprévus qui m'ont fait beaucoup attendre car à mon âge, on fait des films qu'on a envie de voir et non pas pour plaire."

Aïssa Maïga : “Notre collectif est né à partir d’un constat d’invisibilité des actrices noires. C’est un problème systémique qui concernt quasiment toutes les minorités dans le cinéma français. Le combat continue et j’espère que cela va concerner de plus en plus de monde.”

Céline Sciamma : “Je suis très curieuse. Le contexte est très particulier. On ne peut pas faire fi de ce contexte. C’est une responsabilité. C’est le plus gros suspense depuis très longtemps.”

Adèle Haenel : “Je suis tendue. Mais contente de représenter notre cinéma et nos idées. Il faut rappeler que ce mouvement existe, car il existe aussi des contre-mouvements. Notre vision du monde est inventive, aimante, elle laisse la place aux gens.”

Vincent Cassel : “Je suis très fier. Hors normes est un film qui marque une vie. Je ne connaissais rien à l’autisme et même après le film, je n’y connais toujours pas grand-chose, tellement c’est vaste.”

Sarah Forestier : “Roubaix ville lumière est un de mes films préférés. J’avais envie de travailler avec deux réalisateur : Kechiche et Desplechin. C’est fait. Avec un film bouleversant, très humain, qui montre que la pauvreté est une vraie violence. J’ai l’impression qu’il existe aujourd’hui une volonté de transformer cette violence et de casser le cercle vicieux de la violence. La colère peut être très saine, comme celle des gilets jaunes.”

Fanny Ardant : “Les César, c’est une fête. Et dans une fête, on s’aime. C’est un jeu, comme le poker : on gagne, on perd, l’important, c’est d’être à la table.”

Karin Viard : “Moi, je ne me pose pas de question. Je suis nommée, j’y vais. C’est une question de respect.”

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