César 2022: Illusion perdues triomphe, Benoît Magimel, Valérie Lemercier, Leos Carax récompensés

Voici les principaux lauréats de la cérémonie des César 2022.

AFP

Benoît Magimel remporte le César du meilleur acteur pour "De son vivant"

Benoît Magimel, 47 ans, a remporté vendredi le César du meilleur acteur pour son rôle de malade en fin de vie dans "De son vivant" d'Emmanuelle Bercot. "C'est un film qui parle d'un homme qui est condamné, mais c'est surtout un film sur la vie", a-t-il déclaré en recevant son prix sur la scène de l'Olympia.

Il l'a emporté notamment face à l'acteur hollywoodien Adam Driver, nommé pour "Annette" dans la même catégorie du meilleur acteur.

Enfant précoce du cinéma français, Benoît Magimel a presque 70 films au compteur.

Il avait déjà reçu un César dans un second rôle pour "La tête haute" (2016) ainsi qu'un prix d'interprétation masculine à Cannes pour "La pianiste" (2001).

Dans "De son vivant", il incarne un quadragénaire condamné par un cancer qui, après une phase de déni, se prépare bravement à la mort. Il y sonne vrai: derrière le maquillage cadavérique de son personnage transparaît un homme marqué par quelques tempêtes.

Il donne la réplique à un monument du cinéma français, Catherine Deneuve, sa mère dans le film.

Valérie Lemercier remporte le César de la meilleure actrice pour "Aline"

Valérie Lemercier a remporté vendredi le César de la meilleure actrice pour son interprétation de Céline Dion dans le vrai-faux biopic qu'elle a consacré à la star de la chanson québécoise, "Aline". "J'avais un petit modèle, et même un grand modèle, à qui je dis ce soir encore tout mon amour et mon admiration, Céline bien sûr!", a déclaré sur la scène de l'Olympia l'actrice de 57 ans. Avant de plaisanter en espérant avoir autant de succès avec son prochain biopic... sur l'ancienne ministre socialiste Martine Aubry.

Valérie Lemercier avait déjà remporté le César de la meilleure actrice dans un rôle secondaire en 2001.

"Aline" raconte avec humour, mais sans jamais tomber dans le pastiche, la vie de la chanteuse québécoise Céline Dion.

Librement inspiré de la vie de la star internationale, le film, réalisé et porté par Valérie Lemercier, raconte l'histoire d'Aline Dieu, une chanteuse québécoise propulsée au rang de vedette grâce à sa voix exceptionnelle.

Plus qu'une biographie, ce sixième long-métrage de Valérie Lemercier est en réalité une déclaration d'amour à la chanteuse.

Gestuelle, costumes, voix... Rien n'est laissé au hasard. Tout au long du film, Valérie Lemercier, qui réussit l'exploit d'incarner une Aline Dieu à tous les âges, disparaît sous les traits de Céline Dion.

Une vitalité traverse ce film, qui a été tourné avec un casting exclusivement québécois (Danielle Fichaud, Sylvain Marcel, Antoine Vézina et Pascale Desrochers), à la hauteur d'une Valérie Lemercier éblouissante.

"Il y a beaucoup de second degré mais il n'a jamais été question de se moquer. Ce n'était pas du tout le sujet. C'est quelqu'un que j'admire beaucoup, qui ne m'ennuie jamais. Belle à tous les âges. Elle +switche+ tout, même les choses tristes, elle fait du show, elle est captivante", avait déclaré la réalisatrice lors de la présentation du film.

Leos Carax remporte le César de la meilleure réalisation pour "Annette"

Leos Carax a remporté vendredi le César de la meilleure réalisation pour son opéra-rock "Annette", avec Marion Cotillard et Adam Driver, sur une musique des Sparks. Le réalisateur franco-américain de 61 ans est le premier à réaliser avec ce film le doublé César de la meilleure réalisation et Prix de la mise en scène à Cannes, où il était projeté en ouverture du dernier festival.

Artiste secret et tourmenté, le cinéaste ne s'est pas déplacé pour récupérer son prix.

Sa carrière compte seulement six long-métrages, et il a oscillé entre le statut de génie et celui d'ombre, passant par le gouffre financier et la damnation professionnelle des "Amants du Pont-Neuf".

Près d'une décennie après la ballade hallucinée de "Holy Motors", il est revenu avec "Annette", conte onirique porté par Marion Cotillard (une cantatrice de renommée internationale) et Adam Driver (un comédien de stand-up), deux amants passionnés qui vont devenir parents d'une fillette mystérieuse.

Le film, distribué par Amazon et d'abord présenté au Festival de Cannes 2021, a été réalisé sur une idée du duo américain Sparks, figure de la musique alternative depuis les années 1970.

Après ses débuts tonitruants avec "Boy meets Girls" en 1984, puis "Mauvais Sang" deux ans plus tard, ce Jean-de-la-Lune à l'allure toujours juvénile a eu du mal à se défaire des "Amants du Pont-Neuf", film culte et naufrage économique qui lui colle aux semelles depuis 1991.

Il est vrai que l'homme, muré derrière ses lunettes noires, ne verse pas dans le consensuel. Cigarette à la main et voix étranglée, il explique que le cinéma, c'est "faire des films pour des morts qu'on montre à des vivants".

"Illusions perdues" de Xavier Giannoli remporte le César du meilleur film

"Illusions perdues", adaptation du grand roman d'Honoré de Balzac par Xavier Giannoli, a remporté vendredi le César du meilleur film. Le réalisateur de 49 ans ne s'est pas déplacé à l'Olympia pour recevoir son prix.

"Tu as été le maître-artisan de ce film que tu as porté, en communiquant ton enthousiasme et ta passion à toute l'équipe", lui a lancé l'un de ses producteurs, Olivier Delbosc, venu accepter pour lui la statuette sur la scène de l'Olympia.

"Xavier, je m'adresse à toi. Tu respires, tu transpires le cinéma. C'est exaltant de travailler avec toi. Vraiment, tu mérites ce César", a-t-il poursuivi.

Sa fresque acide sur la presse et ses dérives, pour laquelle Benjamin Voisin, dans la peau de Lucien de Rubempré, a également reçu le César du meilleur espoir masculin, faisait figure de favori pour cette soirée.

Succès populaire avec plus de 870.000 spectateurs en France, les "Illusions perdues" ont finalement reçu sept César vendredi.

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