Cannes, le "second pays" des frères Dardenne

Ce mercredi, peu avant 15h30, Luc et Jean-Pierre Dardenne ont monté les marches du Palais des Festivals de Cannes pour la neuvième fois de leur histoire pour présenter en Compétition "Tori et Lokita". La Libre les avons rencontrés un peu avant...

Hubert Heyrendt, à Cannes
Cannes, le "second pays" des frères Dardenne
©AFP

Mardi midi, à quelques heures de la montée des marches pour la première mondiale de Tori et Lokita au Grand Théâtre Lumière, on retrouvait Luc et Jean-Pierre Dardenne devant le vieux port de Cannes. Même s'il s'agit de leur neuvième sélection en Compétition sur la Croisette, pas question de s'installer dans la routine pour les frères. "Non, car chaque film est différent. Il y'a toujours du stress et de l'appréhension sur comment ça va se passer, confie Jean-Pierre à La Libre. Nous, le film est fait. On peut plus rien faire, sinon attendre les réactions… Pour voir si le rêve qu'on a vécu en faisant ce film, avec l'équipe, les acteurs va intéresser ou émouvoir."

Avec Tori et Lokita, un film d'une grande intensité dramatique, les Liégeois peuvent rêver d'une belle place au palmarès. Mais ils se refusent de rêver à une troisième Palme d'or… "On ne peut pas avoir de posture par rapport à ça. C'est une grande joie d'avoir film en sélection officielle et de le présenter ici pour la première fois. Si l'accueil est formidable, c'est bien, cela permettra au film d'avoir une meilleure vie en salles. Cela signifie que l'histoire de Tori et Lokita pourra rencontrer le public. Et puis il y a la Compétition. Et là, on est comme tous les autres. Si le film est au palmarès, on sera content, les distributeurs aussi et les gens aussi…", énumère Jean-Pierre Dardenne.

10 films en 26 ans à Cannes

Depuis la présentation de La Promesse à la Quinzaine des Réalisateurs en 1996, les frères Dardenne sont toujours restés fidèles à Cannes, n'ayant jamais présenté un de leur film à Venise où Berlin. "On a toujours montré nos films ici d'abord, avoue Luc. Si Thierry Frémaux nous disait 'Maintenant, ça suffit, vous êtes assez venus', on verrait ce qu'on ferait… Mais c'est ici qu'on a commencé avec La Promesse. C'est un peu notre second pays Cannes."

Il y a toujours un côté dissonant de voir un film comme Tori et Lokita, qui décrit une réalité sociale très dure, dans un festival symbole du glamour et du luxe, avec ces yachts sur la mer à l'horizon et le champagne qui coule à flots durant les fêtes. "Cannes, ce sont les contraires qui coexistent pendant 15 jours dans un festival, avec toutes ses extravagances, car on est quand même dans un monde du showbiz, estime Luc Dardenne. Et en même temps, il y a des gens qui viennent présenter leur film, des critiques qui travaillent, qui ne dorment pas beaucoup. C'est le mélange de tout ça qui fait de Cannes un grand festival mondial. Et c'est bien que Tom Cruise viennent montrer un film ici. C'est l'Histoire du cinéma, qui doit être présente chaque année ici. Et Cannes participe aussi à cette histoire. Cannes révèle des gens, dont nous évidemment…"

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