Grosse polémique à Cannes autour du film Rodéo: "Les accidents, ils sont souvent causés par les flics"

Lola Quivoron consacre son long métrage aux rodéos urbains et attaque les forces de l'ordre "qui créent une forme de précarité qui pousse du coup les riders vers la mort." Des propos qui font énormément réagir.

Grosse polémique à Cannes autour du film Rodéo: "Les accidents, ils sont souvent causés par les flics"
©Films du Losange

Un Festival de Cannes sans polémique, c'est comme un film des frères Dardenne tourné à Tahiti ou Top Gun 3 axé sur les ULM: incongru, impensable. Cette année, il a fallu attendre la (presque) fin de l'événement pour que la Croisette se déchire et s'enflamme. En cause ? Les propos de Lola Quivoron, venue présenter dans la section Un certain regard son premier long métrage, Rodéo.

Comme le titre l'indique, l'action est centrée sur les rodéos urbains, ces figures de style, souvent sur une seule roue, pratiquées à toute vitesse en pleine ville sans souci de la sécurité. Un phénomène de société qui prend de plus en plus d'ampleur chez les jeunes et que la cinéaste a voulu découvrir. "La pratique est très relayée par les réseaux comme à l'époque du skate-board, explique-t-elle dans une interview à Konbini. C'est un phénomène de société le cross bitume, la bike life.Je me suis demandée quelle était la poésie de la pratique."

Mais elle va beaucoup plus loin, en s'attaquant aux policiers. "Les accidents, ils sont souvent causés par les flics qui prennent en chasse et qui créent une forme de précarité qui pousse du coup les riders vers la mort en fait concrètement".

Des propos qui passent mal. Selon le ministère de l'Intérieur français, ces rodéos ont augmenté de 1.400 % dans l'Hexagone depuis 2018. Le maire de Cannes, David Lisnar, n'a pas tardé à réagir: "Nous n'avons pas été convaincus par le propos de la dame, qui ressemble à un sketch des Inconnus. Nous allons continuer de poursuivre et arrêter les auteurs de rodéos urbains. Notre hommage hier à son œuvre..."

Les Internautes aussi se sont déchaînés, rappelant notamment que dimanche dernier, un enfant de 5 ans a été renversé à Pantin par quatre bikers qui pratiquaient un rodéo urbain. Beaucoup s'indignent qu'on fasse prévaloir la liberté des motards sur la sécurité des passants. D'autres, par contre, prennent position en faveur de la réalisatrice au nom de la liberté d'expression.

Cela s'anime donc sur la Croisette et sur les réseaux sociaux. C'est aussi ça, un festival qui ne laisse pas indifférent.

Les derniers annonces avec LOGIC-IMMO.be