Que vaut le derrnier Pixar? "Buzz l'Éclair" va diviser: vers l'infini, mais pas au-delà

Le faux préquel de Toy Story assure le spectacle avec beaucoup d'action mais Pixar nous avait habitués à des films d'animation plus enchanteurs. Quentin Dupieux, lui, poursuit ses délires avec l'autre sortie de la semaine, Incroyable mais vrai.

Lightyear (Buzz l’Éclair) : un film animé d’action moderne qui suscite la réflexion.

C'est un joli tour de passe-passe imaginé par Pixar. Histoire d'éviter le sempiternel préquel de la quadrilogie à succès, Toy Story, le réalisateur et scénariste Angus McLane a trouvé une parade : nous faire vivre, en animation, le film favori d'Andy, qui a inspiré la création jouet du jouet Buzz l'Éclair : Lightyear.

Une aventure pas nécessairement placée sous les meilleurs auspices. En mission de reconnaissance sur une planète inconnue, Buzz et la commandante Alisha Hawthorne sont attaqués par des racines gigantesques et des insectes géants. Si leurs machettes laser (bonjour le clin d'œil à La guerre des étoiles) leur offrent un répit, Buzz brise l'élément essentiel de son vaisseau en tentant de fuir : le cristal d'énergie. Par sa faute, il ne reste plus qu'à coloniser la planète T'Kani avec toutes les personnes plongées dans un sommeil artificiel à l'intérieur de l'engin. Ou tenter de créer un nouveau cristal à partir des ressources locales. Un Ranger de l'espace n'abandonnant jamais une mission, impossible pour lui de ne pas tenter cette deuxième option. Tout en sachant que l'instabilité du cristal risque de transformer chaque vol d'essai en un feu d'artifice monstrueux. Mais tout le monde ignorait d'autres conséquences de ses vols en hypervitesse.

Trop souvent, les prolongements des sagas populaires consistent à revivre les mêmes événements à des protagonistes plus jeunes ou simplement à les inverser. Cette fois, par contre, l'originalité s'impose. Les missions spatiales quittent largement le cadre de Toy Story, avec de nombreux clins d'œil à Star Wars (l'hypervitesse, la passerelle dans le centre d'un vaisseau ennemi, les messages holographiques), Alien, Jurassic Park, Top Gun, Stargate, Iron Man ou Les gardiens de la galaxie. Autant de références destinées avant tout aux parents.

Les enfants, eux, devraient craquer pour Sox, le chat robot amateur de câlins doté d’options secrètes assez réjouissantes et d’une expressivité féline craquante. Mais aussi pour les scènes d’action, nombreuses, entrecoupées de moments d’émotion (Buzz verse une larme sur une vieille photo) ou d’humour délirant.

Naviguant en dehors des sentiers battus et consensuels, Lightyear (traduit par Buzz l'Éclair en français) aborde des thématiques complexes (comme le temps qui passe et le désaccord avec ses propres valeurs) ou sensibles pour certains (un baiser lesbien qui vaut au film d'être censuré dans plusieurs pays du Moyen-Orient ou d'Asie) le plus naturellement du monde, avec tact et modernité. De quoi alimenter quelques discussions après la projection. Les fans, eux, risquent surtout d'épiloguer sur une relation familiale en contradiction avec Toy Story.

Vers l'infini mais pas au-delà, moins magique, imaginatif et enchanteur que les précédentes productions Pixar, Lightyear ouvre de nouveaux terrains de jeux pour Pixar en se rapprochant de la logique spectaculaire des blockbusters. Une approche qui va diviser, c'est certain, mais qui a le mérite de coller à l'évolution de la société et de susciter la réflexion.

Incroyable mais vrai: une comédie décalée, dans tous les sens du terme{{1}}

Voilà une comédie totalement impossible à résumer sans dévoiler ses ressorts les plus surprenants et intéressants, qui conditionnent non seulement le récit mais aussi la mise en scène. Pour son nouveau délire, Quentin Dupieux s'est demandé ce qui se passerait si un couple aimant (Léa Drucket et Alain Chabat) achetait une maison dotée d'un tunnel magique aux effets "fulgurants, fous, quie peut totalement changer la vie", sans oser en parler à leurs meilleurs et très libidineux amis.

A mille lieues d'Harry Potter, Incroyable mais vrai aborde pêle-mêle, de manière crue ou indirecte, la sexualité du futur (avec un membre électronique : "L'intérêt ? Ça se pilote !"), le mode de vie américain ("Un homme, c'est quelqu'un qui sait manipuler les armes à feu"), l'obsession du jeunisme et des apparences, l'inintérêt du travail administratif, les rêves de glamour ou le charme de la banalité quotidienne.

Ce joyeux bordel impacte la réalisation, décalée, dans tous les sens du terme. C’est par moments très drôle, à d’autres très répétiif et sans grand intérêt. A réserver aux amateurs de productions cinématographiques complètement barrées.

Les derniers annonces avec LOGIC-IMMO.be