Les sorties de la semaine: les Minions et Thor pour bien commencer les vacances

Thor: Love and Thunder sort des schémas classiques de Marvel, Les Minions 2: il était une fois Gru s'impose comme le film d'animation familial de l'été, tandis que François Ozon déçoit avec une farce grotesque, Peter von Kant.

Les sorties de la semaine: les Minions et Thor pour bien commencer les vacances
©Sony

Les Minions 2 : il était une fois Gru. Un festival de gags délicieusement enfantins et délirants{{1}}

Explorer l'enfance d'un héros, voilà une technique qui permet souvent aux studios hollywoodiens de faire du neuf avec du vieux sans trop se casser la tête du côté du scénario. Parfois, pourtant, cette recette a du bon et offre la possibilité de se lâcher dans l'humour enfantin. Exactement le créneau des Minions et de Moi, moche et méchant.

Autant dire que les réalisateurs se sont déchaînés au moment d’imaginer la rencontre entre les petits êtres jaunes en forme de suppositoire et le jeune Gru, désireux de devenir un “super méchant”. Et cela tombe bien, une place s’est libérée au sein de ses idoles, les Vicious 6. Le problème, c’est que haut comme trois pommes et avec sa voix fluette, personne ne le prend au sérieux. Alors, pour prouver sa valeur, il vole aux Vicious 6 leur objet le plus précieux et le plus maléfique : la pierre du Zodiaque. Les ennuis commencent aussitôt pour lui, et l’aide des Minions ne sera pas de trop pour échapper à ses démoniaques poursuivants.

L'histoire ne brille pas par son originalité, mais les situations loufoques et les gags imaginatifs comblent largement ce défaut. Tout est délicieusement fou. Comme la séance d'acupuncture qui vire au karaté, l'apprentissage des techniques de défense par les Minions toujours aussi indisciplinés et prompts à détourner les leçons, la plongée dans l'Amérique hippie des années 70, la parodie d'Y a-t-il un pilote dans l'avion ?, les clins d'œil à Indiana Jones, les hommages aux gros bras des années 80 en v.o. (Jean-Claude Van Damme avec des pinces de crabe, Danny Trejo, Dolph Lundgren), beaucoup d'irrévérence (notamment avec Nonnechaku, la nonne peu charitable spécialisée dans l'utilisation du nunchaku) et les tonnes de délires enfantins incarnés par ces garnements de Minions.

Au final, aussi bien les parents que les enfants rient beaucoup. Et c’est tout ce qu’on attend de ce film à l’animation soignée.

Thor: Love and Thunder. Les dieux sont tombés sur la tête{{2}}

Thor est de retour. Toujours aussi bodybuildé, mais plus dénudé et plus marteau. Avec Thor: Love and Thunder, le réalisateur déjanté Taika Waititi étend l'univers Marvel dans des domaines peu explorés jusque-là. A savoir la comédie romantique, les thématiques très sombres et/ou philosophico-religieuses, mais aussi les délires loufoques. Dans cette quatrième aventure solo, les dieux sont tombés sur la tête. Trahi dans sa foi, Gorr (Christian Bale, méconnaissable) s'est juré de massacrer tous les êtres divins avec la plus redoutable des armes, la Nécro-épée. Raison pour laquelle Thor (Chris Hemsworth), après une solide cure de remise en forme, sort de sa retraite, au grand soulagement des Gardiens de la Galaxie lassés de traîner ce boulet. Mais à sa grande surprise, Zeus le show-man dénudeur (Russel Crowe) et tous ses semblables préfèrent assurer le spectacle dans leur repaire secret que combattre "le boucher des dieux". Pour affronter cet ennemi bien trop puissant, Thor ne peut compter que sur Valkyrie (Tessa Thompson), la reine du nouvel Asgard, le guerrier de pierre Korg et le grand amour de sa vie, Jane Foster (Natalie Portman), désormais en possession de son bon vieux marteau, Mjöllnir.

Fidèle à ce qu'il avait montré dans le délirant Jojo Rabbit, des codes des films Marvel, Taika Waititi ne garde que l'esthétique clinquante et les décors somptueux. Thor: Love and Thunder ressemble en effet à une comédie romantique (ou impertinente) agrémentée de batailles filmées comme des clips de hard rock dans sa première partie, puis à une comédie à l'américaine avec Zeus en star d'un nouvel Olympe, pour verser dans l'action massacrante ou le mélodrame à résonance très humaine dans sa conclusion. Le tout agrémenté de tubes de Guns N'Roses ou d'Abba, mais aussi d'un clin d'œil à Jean-Claude Van Damme (pour l'entraînement de Thor), de scènes de jalousies inattendues (et très drôles), de boucs qui se prennent pour les rennes du Père Noël en faisant voler un bateau semblable à celui de Peter Pan, d'enlèvements d'enfants, de gags tarte à la crème (le massacre d'une précieuse cité), des séquences cartoonesques (le toit d'un bâtiment officiel défoncé par l'envol de Thor), d'une migration de dauphins dans l'espace, de beaucoup de cynisme divin, de caméos de célébrités (on vous en laisse la surprise), de passages émouvants ou d'une scène de nudité qui fait se pâmer toutes les déesses devant le dieu nordique. En clair, cela part vraiment dans tous les sens.

Tout profit pour les amateurs d'originalité, lassés d'avoir l'impression de toujours vivre la même histoire super-héroïque. Mais peut-être pas pour les inconditionnels des grands spectacles Marvel, susceptibles d'être déroutés par une première heure (sur 1h59 de film, générique et scènes additionnelles compris) bien plus humoristique et psychologique (à la mode hollywoodienne, rien à voir avec Freud, hein...) que palpitante.

De par son étrangeté, ses moments de folie enfantine, son ton plus proche d'Iron Man que des précédents opus et son recul sur les divinités, Thor: Love and Thunder devrait diviser les fans mais peut-être aussi séduire un autre public, plus en recherche de spectacles au 36e degré, foisonnants voire parfois poétiques ou dingues. En bien ou en mal, les spectateurs vont beaucoup en parler à la sortie de la salle. Et c'est aussi un des plaisirs du cinéma.

Peter von Kant. Une farce grotesque insupportable signée François Ozon{{3}}

Mais qu'est-il arrivé à François Ozon ? La subtilité de ses mises en scène, sa capacité de traiter des sujets de société sous une forme divertissante ou son art de construire des récits captivants, tout ça est passé à la trappe en masculinisant la pièce et le film de Rainer Werner Fassbinder, Les larmes amères de Petra von Kant. La passion amoureuse d'un réalisateur à succès (Denis Ménochet) pour un jeune comédien volage tourne d'emblée à la farce grotesque. Méprisant, sadique avec son assistant béat d'admiration, le cinéaste devient littéralement fou d'amour et en souffre atrocement au point de se réfugier dans l'alcool et la solitude insultante pour son entourage. Même son égérie, campée par Isabelle Adjani, n'a plus droit qu'à des remarques dégradantes.

Tout est volontairement surjoué, excessif, outrancier que ce spectacle creux, d'une banalité inouïe, en devient rapidement insupportable. Même s'il ne dure qu'une heure vingt-cinq, il donne l'impression de s'éterniser au moins quatre fois plus longtemps. Une vraie torture d'un vide abyssal. A fuir.

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