"Prey": Pocahontas contre Predator

L’alien à dreadlocks choisit les Plaines en 1719 comme terrain de chasse. Mauvaise idée : une Comanche badass l’attend.

"Prey": Pocahontas contre Predator
©D.R.

On peut considérer Prey sous deux perspectives : la démonstration que la démarche inclusive des studios hollywoodiens envahit même leurs franchises poussives ou, au contraire, que celles-ci peuvent se prêter à relecture.

Le premier Predator, signé John McTiernan, en 1987, était déjà prétexte à revisiter un genre menacé de répétition. Arnold Schwarzenegger, transformé en gibier pour alien, y trouvait un adversaire à sa démesure.

Depuis, de suites en crossovers opportunistes, le chasseur de l'espace a épuisé le filon. La bonne idée de Prey est de projeter le Predator en 1719, dans les plaines de l'Amérique du Nord, encore vierges de colons et majoritairement peuplées d'Amérindiens. Le Predator a choisi pour terrain de chasse le territoire de la Nation Comanche. Après un loup et un grizzly, il s'aperçoit que la proie digne de lui est le bipède.

Deuxième innovation : l’antagoniste principal ne sera pas un homme, mais une jeune femme. Naru (Amber Midthunder) veut désespérément prouver qu’elle vaut bien un guerrier de sa tribu et faire ses preuves à la chasse. Maline et dégourdie comme pas deux, elle va être servie…

Dan Trachtenberg a envie, lui aussi, de démontrer son savoir-faire. Il exploite la majesté des décors dans la plus pure tradition des films classiques.

La production a veillé à une relative authenticité en ne prenant que des acteurs d’origine amérindienne pour incarner les Comanches.

Concession regrettable, ceux-ci s’expriment en anglais. Afin de préserver l’obstacle de la langue, les trappeurs sont, eux, des francophones québécois.

Scènes d’action habiles

Les scènes d’action sont habilement chorégraphiées ou bénéficient d’une belle direction artistique (celle où Naru et son frère Taabe servent d’appâts dans une forêt en cendres est particulièrement réussie).

Amber Midthunder, d’origine sioux, assure dans un rôle très physique. Elle parvient à rendre attachante Naru qui témoigne d’une intelligence hors norme afin de venir à bout du monstre.

On sait qu’on regarde un film de SF mais on s’interroge : des Comanches découvrant une créature bâtie comme une armoire à glace, douée d’invisibilité ou se matérialisant brusquement devant leurs yeux ne seraient-ils pas saisis d’un effroi superstitieux au lieu de foncer bille en tête pour l’abattre ?

Mais en une heure trente, le scénario n’a pas le temps de finasser. Il faut entrer dans le vif du sujet, comme le Predator qui remplit son contrat gore sans moufter. Cela ne rendra pas les plaines aux Comanches, mais ça fera son office sur l’écran du salon.

Prey Chasse et traditions De Dan Trachtenberg Scénario Patrick Aison Avec Amber Midthunder, Dane DiLiegro, Harlan Blayne Kytwayhat, Dakota Beavers… Durée 1h39. Sur Disney +.

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