Fréquentation en légère baisse aux USA, mais record dans le reste du monde.

S’ils existaient toujours, les regrettés Guignols ne diraient plus "Vous regardez trop la télévision" mais "Vous regardez trop de films". Car, aussi paradoxal que cela puisse paraître, depuis que les plateformes de streaming se livrent une guerre sans merci pour attirer toujours plus d’abonnés, les salles de cinéma se portent, globalement, comme des charmes.

Aux États-Unis, la fréquentation a baissé de 3,6 % par rapport à la meilleure année de toute l’histoire, 2018, mais ailleurs dans le monde, l’inverse s’est produit. Le box-office mondial hors USA a franchi la barre des 30 milliards $ en 2019, ce qui ne s’était encore jamais produit. De telle sorte que globalement, les sommes amassées aux guichets devraient se situer un tout petit peu en dessous des 41,7 milliards $, record établi l’an dernier.

La raison ? Selon ComScore, plusieurs grands pays ont franchi des barres historiques de recettes : Chine, Corée du Sud, Japon, France, Espagne, Allemagne et Mexique pour ne citer que les principaux. Et la Belgique ? Les chiffres officiels tomberont peut-être dans quelques mois…

Vu l’évolution, dès l’an prochain, les États-Unis pourraient se voir souffler la place de premier marché mondial par la Chine. Et pourtant, Hollywood y accorde toujours plus d’importance qu’au reste du monde. Pourquoi ? En raison des retombées. Aux USA, un film au box-office de 100 millions $ rapporte ensuite 175 millions en droits de télé ou digitaux. Alors qu’au pays de Mao, c’est seulement 27 millions de gains supplémentaires. Pour 65 millions en Russie, 83 au Japon et 130 au Royaume-Uni. Des différences qui peuvent peser très lourd, finalement, dans la balance.

Si les financiers du 7e art nagent actuellement dans le bonheur et les billets verts, l’optimisme ne règne pourtant pas concernant l’avenir. En 2020, pas de Star Wars, d’Avengers ni même d’Avatar. Or, les grandes sagas sont devenues vitales. Il y a cinq ans, le top 10 du box-office représentait 24 % des entrées. L’an dernier, 33 %. Et cette année, 38 %. Désormais, seuls les événements attirent la grande foule dans les salles. Sans eux, la chute pourrait donc s’avérer sévère.