A 85 ans, alors qu'il rêve toujours de tourner un dernier film "qui restera pour toujours", Alain Delon se fait rare sur la place publique. Chacune de ses interventions fait donc figure d'événement. Il faut dire qu'avec son franc-parler, il possède le don de distiller des petites phrases chocs de nature à faire vibrer les cordes sensibles de ses admirateurs.

Il vient encore d'en fournir un exemple dans Alain Delon face au monde, sur TV5. Notamment en évoquant la mort. Il souhaite des funérailles d'une grande simplicité. "Catholique, je le suis, mais discret. Je ne veux pas de funérailles publiques." Puis, il aborde un sujet qui ne fait plus polémique chez nous mais bien encore en France. "L'euthanasie, je suis pour. D'abord parce que je vis en Suisse, où l'euthanasie est possible et aussi parce que je trouve que c'est la chose la plus logique et la plus naturelle qui soit. À partir d'un certain âge, d'un certain moment, on a le droit de foutre le camp tranquillement, sans passer par les hôpitaux, les piqûres ou les machins."

Se livrant comme rarement, il concède que les pensées suicidaires l'effleurent parfois, "peut-être plus qu'avant. C'est une question d'âge, une question d'époque." Et pourtant, dans un de ces paradoxes qu'il a toujours entretenus, il ne considère pas que la vie soit trop longue: "Au contraire, c'est même un peu trop court."

Sacré personnage.