Cinéma Voici les réactions des grands gagnants de la 44e cérémonie des César.

Léa Drucker (meilleure actrice pour Jusqu'à la garde) : "C'est un honneur d'avoir pu incarner cette femme. Merci d'avoir gardé toute l'équipe du court au long métrage. Je dédie cette récompense à toutes les femmes qui sont parties, à celles qui veulent partir, à celles qui ne le feront pas. La violence  commence par les mots qu'on croit ordinaires, parfois sous couvert d'humour, et qui sont en fait le début d'une menace. Ces mots-là sont le reflet d'une pensée, d'une idéologie, et il faut en avoir conscience. Je veux saluer les féministes qui défendent la cause des femmes. Elles m'ont permis, en m'éveillant, d'être la personne que je suis aujourd'hui."

Karin Viard (rôle secondaire féminin pour Les Chatouilles): "Je suis super contente. Je tenais beaucoup à ce rôle épouvantable de mère violente qui condamne sa fille une deuxième fois en ne l'écoutant pas, en ne voulant pas la croire. Je voulais raconter cette histoire-là à ma manière."

Philippe Katerine (rôle secondaire masculin pour Le Grand Bain): "C'est n'importe quoi ! Que dire ? Moi, je me demande toujours ce que deviennent les personnages après les films. Thierry, tu es peut-être en train de nous regarder. Ce César est pour toi. Je me suis un peu reconnu en toi. Tout le monde a quelque chose en lui de Thierry." Et aussitôt, il improvise son discours sur la musique de Quelque chose en nous de Tennessee

Alex Lutz (meilleur acteur pour Guy) : "Je suis très impressionné. Vraiment. Chaque volute et cabossage de ce César me fait penser à un parcours. J'ai commencé à Strasbourg et je salue tout le monde là-bas. Je pense à tous ceux qui ont rendu ce film possible. J'ai eu la chance de pouvoir inventer et j'aimerais qu'on continue à inventer."

Jacques Audiard (meilleur réalisateur pour Les Frères Sisters) : "Passé 22 h 30, les remerciements sont un peu ennuyeux, non ? Je ne sais pas trop quoi dire tant je suis ému. Pierre Salvadori, Gilles (Lellouche), bravo. J'admire mes confrères et mes consoeurs. Faites de bons films et je continuerai de temps en temps à aussi en faire..."

Xavier Legrand (meilleur scénario pour Jusqu'à la garde) : "On a tourné ce film en 2016. A cette époque, une femme était victime d'actes de violence tous les trois jours. Depuis le début de l'année, c'est tous les deux jours. Il est temps de penser à toutes ces victimes autrement que le 25 novembre (journée internationale de la femme, ndlr)"

Robert Redford (César d'honneur) : "Merci. J'adore Paris. J'ai toujours aimé la France. J'y suis venu quand j'avais 18 ans. J'étais un jeune artiste qui tentait une nouvelle expérience à Paris. Je n'avais pas d'argent mais juste de l'espoir. Avant de partir des Etats-Unis, j'ai acheté un béret pour avoir l'air français. Un beau jour, un Américain est venu me voir et m'a dit: Etes-vous un touriste américain par hasard ?" Je voulais passer pour un Français. Je me suis débarrassé du béret. J'adore observer les gens dans leur environnement, avec mon carnet de croquis. Je dessine les gens et j'imagine ce qu'ils peuvent se raconter. C'est comme ça que j'ai passé mon temps à Paris. Puis, je suis parti à Cannes. Où j'ai dormi à la belle étoile. Près du Carlton, j'entendais les rires et je me disais que cela devait être formidable de loger dans cet hôtel. Dix-sept ans plus tard, j'y ai été invité par le Festival de Cannes. Je suis revenu dans cet hôtel. Sur le balcon de ma chambre, je me suis rappelé ma nuit sur la plage. Et je me suis rendu compte qu'en vieillissant, le temps passait beaucoup plus vite. C'est une expérience que je n'ai jamais oubliée."