Cinéma

Mutilations, scènes de sexe en gros plan, théories moyenâgeuses : Lars von Trier choque

CANNES On n'avait plus vu un tel scandale à Cannes depuis Irréversible. Avec Antichrist (le T combine en fait une croix et le symbole féminin), Lars von Trier a repoussé les limites de l'ignoble. Dès la première scène, le ton est donné : Charlotte Gainsbourg et Willem Dafoe font l'amour sur une musique religieuse, avec images de pénétration en gros plan, pendant qu'un bébé glisse par la fenêtre.

Plus tard, Charlotte Gainsbourg, entièrement nue, se masturbe frénétiquement dans les bois. Puis fait de même à son compagnon inconscient, qui éjacule du... sang. Et pour cause : elle vient de lui balancer une boîte à outil entre les jambes. Juste après, elle lui fore la jambe pour y faire passer l'axe d'une meule. Enfin, la caméra fait un plan on ne peut plus rapproché du sexe nu de l'actrice juste avant qu'elle ne se le coupe avec des ciseaux ! L'horreur.

Tout ça pour quoi ? Pour des théories moyenâgeuses sur les femmes, considérées comme maléfiques, et des déclarations pontifiantes sur les angoisses.

Accueilli par quelques applaudissements (certains y voient un film sur la culpabilité, nous du vide sadique) et énormément de huées, Lars von Trier a très sérieusement expliqué qu'il avait fait ce film pour lui, pas pour le public, en guise de thérapie. Qu'il fait payer aux spectateurs...



© La Dernière Heure 2009