Nos parents ont beau nous avoir répété maintes fois que “Les petites bêtes ne mangent pas les grosses”, à la vue d’une araignée, même minuscule, beaucoup d’entre nous ressentent des sueurs froides et une furieuse envie de hurler. Et pour cause : l’arachnophobie toucherait 40 % de la population. C’est dire si quelques millions de Belges vont soigneusement éviter de ce brancher sur Plug RTL ce dimanche soir. On y propose en effet Arachnophobia, un film d’épouvante truffé de bestioles à huit pattes qui se glissent absolument partout avec une furieuse envie de piquer des humains.

Dans le genre, c’est d’une efficacité redoutable. Et pourtant, il s’agit d’une première réalisation. D’un homme que tous les fans de Steven Spielberg, notamment, connaissent très bien. Avant de tourner ce film en 1990, Frank Marshall avait produit les trois premiers Indiana Jones, la trilogie Retour vers le futur, Poltergeist, Gremlins, Les Goonies, Qui veut la peau de Roger Rabbit ?, L’empire du soleil, L’aventure intérieure ou Always. Largement de quoi faire pâlir d’envie la plupart de ses concurrents. Depuis, il a poursuivi sur sa lancée, avec Hook, Le sixième sens, la saga Jason Bourne, celle consacrée à Jurassic World, le quatrième Indiana Jones, Sully, La fille du train ou Assassin’s Creed.

Côté réalisation, le succès n’a pas été équivalent. Alive en 1993 ou Congo en 1995 n’ont pas marqué leur époque. Et depuis lors, il ne s’est quasiment plus assis derrière une caméra, si ce n’est pour quelques épisodes de séries ou un documentaire. Pourtant, il tenait beaucoup à cette étape. “Je suis devenu réalisateur parce que je voulais devenir un conteur d’histoires, a-t-il expliqué à la BBC. J’adore produire et soutenir un réalisateur, mais de temps en temps, je tombe sur une histoire que j’ai envie de raconter. Pour cela, il faut endosser le costume de cinéaste et sauter sur le projet quand il survient.”

Ce goût des histoires, c’est aussi cela qui lui a donné l’envie de produire. “C’est un métier où il faut être passionné, parce que c’est un métier qui vous submerge totalement. Il faut le vivre à temps plein. C’est une quête permanente des bons scénarios. Parfois, un super réalisateur y est attaché, comme pour Seabiscuit.”

S’il n’avait pas embrassé cette carrière, ce grand fan de Clint Eastwood (“Make my day est ma réplique favorite”), d’Orson Welles (“Il est reconnu par tous aujourd’hui mais pas par Hollywood à son époque) et de Steven Spielberg (“C’est un maître”) serait sans doute resté dans le domaine artistique. “Je serais probablement devenu musicien. J’adore la musique, depuis toujours. J’ai grandi dans une famille de musiciens, donc je pense que je serais devenu joueur de guitare. Ou alors magicien.” Finalement, grâce au cinéma, il a pu mélanger toutes ses passions. Mais ce dimanche soir, tous ceux qui feront des cauchemars à cause de ses araignées ne lui diront pas merci.