Olé. Le deuxième film de Florence Quentin

BRUXELLES Pourquoi Olé ? Simplement parce que Ramon et son épouse sont d'origine ibérique. Lui paraît pourtant nettement moins attaché à ses racines culturelles qu'à son richissime patron, M. Veber, un homme d'affaires très sûr de lui. Directeur d'une entreprise qui fabrique des lunettes design, il adore jouer en Bourse. Et s'il se permet beaucoup de choses, la complicité de Ramon y est pour beaucoup: chauffeur, secrétaire particulier, partenaire de golf, protecteur attitré des secrets les plus intimes de son boss, le gaillard constitue le parfait modèle du genre. D'ailleurs, tous les amis du patron le lui envient autant que l'épouse de cette perle rare qui ne rêve que d'une chose, retourner fortune faite dans son Andalousie natale... De gros nuages s'amoncellent toutefois sur la famille Veber, lorsque débarque dans son entourage un homme d'affaires plus que louche...

Jadis complice attitrée d'Étienne Chatillez, Florence Quentin écrivit ainsi les scénarios d'ouvrages aussi remarquables que La vie est un long fleuve tranquille, Tatie Danielle et Le bonheur est dans le pré. Son premier film en tant que réalisatrice, qui s'intitulait J'ai faim, n'avait pas eu le succès mérité en dépit d'une excellente Catherine Jacob en tête de distribution. Avec Olé, l'auteur bénéficie d'un duo de choc inédit mais extrêmement prometteur: Gad Elmaleh et Gérard Depardieu. Et, en fait, presque tout est là. Comme très souvent dans le cinéma comique français, la sauce prend ou ne prend pas entre deux stars qu'on associe. Dans le présent cas, la réussite est quasiment totale, puisqu'on dirait que Gad et ont vécu toute leur vie ensemble!

Florence Quentin a eu l'idée de cette fable en observant les rapports intimes qu'entretient l'une de ses connaissances avec son chauffeur. Et si l'histoire est un peu cousue de gros fil, l'ensemble, plus malicieux que vraiment comique, est très plaisant, grâce notamment à la touche féminine que se partagent Sabine Azéma - très réussie en bourgeoise hypocondriaque - et Valéria Golino. On notera aussi l'apparition du vétéran Roger Pierre et celle, plus inattendue encore, de l'Américain Bob Swaim, le réalisateur de La balance. On veut bien prendre le pari qu'une suite est déjà prévue.

© La Dernière Heure 2006