En Irlande, on ne peut plus occuper qu’un siège sur deux dans certains multiplexes.

Avec la crise du coronavirus, toute l’industrie du cinéma nage en plein paradoxe. D’un côté, par peur d’une chute brutale des recettes, de nombreux films sont reportés à la fin de l’année (comme Mourir peut attendre ou, plus récemment, Peter Rabbit 2), voire à une date indéterminée. De l’autre, dans les pays impactés récemment, comme la Belgique ou les États-Unis, les salles de cinéma n’enregistrent apparemment pas de baisse de fréquentation jusqu’à présent. Un peu comme si elles constituaient un refuge pour oublier l’épidémie et ses conséquences.

Mais pour combien de temps ? De l’autre côté de l’Atlantique, l’agence nationale chargée de la santé et de la prévention, la CDC (Centers for Disease Control and Prevention), conseille désormais aux sexagénaires et plus d’éviter les centres commerciaux, les réunions familiales, les offices religieux et les salles de cinéma. Un avis justifié par le fait que la tranche la plus âgée de la population est aussi la plus vulnérable au Covid-19.

Assez étrangement, cette recommandation ne semble pas suivie d’effets au pays de Donald Trump. Les personnes de plus de 60 ans représentent 15 % des cinéphiles aux USA. Or, pour Emma ou The Way Back, ils constituaient respectivement 17 % et 14 % du public. Autant dire qu’ils n’ont pas changé leurs habitudes.

Alors, en Irlande, ce sont les multiplexes Omniplex qui ont modifié les leurs. Et ils ne permettent plus aux spectateurs que d’occuper un siège sur deux, afin de respecter la distance d’un mètre entre chacun. Cela fait perdre 50 % des entrées, mais, au moins, les salles ne ferment pas.