En 1952, Sean Connery est un figurant qui n’a pas un mot à défendre dans le spectacle de la South Pacific, mais il gagne bien sa vie.

Dans la troupe, Robert Henderson, qu’on verra plus tard dans les films Superman, avec Christopher Reeve, est un homme de 48 ans qui a déjà une carrière. Il a raconté la suite : “Pendant la tournée, j’ai parlé un jour d’Ibsen à ce Connery. Il ne savait pas qui c’était et je lui ai dit : “Ibsen est un auteur de théâtre. Tu devrais lire ses pièces.” En principe, c’était peine perdue : nos Monsieurs Muscles n’étaient pas embauchés pour leur intellect. Mais quelques semaines plus tard, Connery les avait lues et il était venu pour en parler avec moi. J’étais stupéfait. Je lui ai dit qu’avec son physique, s’il avait, en plus, un bagage culturel, il pourrait réussir une grande carrière.”

Robert Henderson devint son guide. Sean Connery s’est mis à lire comme un fou, chaque nuit jusqu’à l’aube.

Il avait un autre problème: son accent écossais. Tellement prononcé que, dans la troupe, tout le monde le prenait pour… un Polonais.

Pour se corriger, il a travaillé avec un petit enregistreur et, après la tournée, à Londres, il a pris des cours de diction.

Alors, grâce à Robert Henderson, il est engagé dans plusieurs pièces, au Q Theater, à Londres. Parallèlement, il trouve des emplois dans des téléfilms enregistrés l’après-midi.

Il doit sa première chance à la star Jack Palance, pressenti pour jouer le rôle d’un boxeur et qui est retenu à Hollywood. C’est l’épouse du producteur qui suggère le nom de Sean Connery pour le remplacer : “Au moins, les femmes auront aussi une raison de regarder le film.”

Le lendemain de la diffusion, la Twentieth Century Fox lui fait signer un contrat d’exclusivité. À 120 sterling par semaine. On est en 1957. Sean Connery a 27 ans.

À Hollywood, chez Disney

Dès la signature de son juteux contrat, on annonça à Sean Connery qu’il allait donner la réplique à la grande Lana Turner dans un film, Je pleure mon amour, qui fut un échec.

Alors, il toucha ses 120 livres par semaine, mais on ne lui donnait plus de rôles. Il était grassement payé pour ne rien faire…

En 1958, il refit du théâtre. Une équipe de Disney vint à Londres à la recherche d’acteurs britanniques pour le film Darby O’Gill et les farfadets. Sean s’inscrivit au casting et reçut un des rôles les plus importants.

La Fox marqua son accord. Ce fut son premier voyage à Hollywood et son unique rôle important avant James Bond.

Pour ce film, il lui fallait chanter. On sortit même le disque, Pretty Irish girl en même temps que le film, en juin 1959. Mais la Fox, elle, ne lui proposait toujours rien et le contrat fut cassé en 1961.