Kirsten Dunst sur les traces de sa maman, hôtesse de l'air

DEAUVILLE Si le Festival de Deauville attribuait un prix de la sympathie, il aurait été décerné cette année à Kirsten Dunst. Aimable, enjouée, spontanée, la blonde actrice a illuminé les planches de son sourire jamais forcé. Avant de retrouver Sofia Coppola pour Marie-Antoinette, puis la toile de l'homme-araignée, pour le 3e volet des aventures de Spider-Man, la miss a fait un petit détour par Elizabethtown, pour camper Claire, une hôtesse de l'air-psychologue.

Votre mère -jadis hôtesse de l'air- vous a-t-elle servi de modèle ?

«Je ne crois pas que ce personnage reflète ma mère d'une quelconque façon. C'était une vilaine fille vous savez... (rires) Elle mangeait du caviar et buvait du champagne sur ses vols. Elle envoyait les bagages des gens qu'elle n'aimait pas sur d'autres destinations. Moi, j'incarne un tout autre genre d'hôtesse de l'air. Claire pense que son job a un véritable côté glamour. Elle considère ce métier comme une authentique mission.»

Celle de prendre sous son aile les passagers malheureux...

«Il est évident qu'elle intervient comme un guide pour Drew (Orlando Bloom). Elle l'aide tout en s'aidant elle-même au passage, étant donné qu'elle aussi est seule dans la vie. Ses motivations ne sont donc pas dénuées d'intérêt. Vouloir aider les autres, c'est très bien. Mais derrière cette attitude se dissimulent parfois des problèmes personnels.»

La musique est un personnage à part entière dans ce film. Vous-même avez-vous besoin d'un conditionnement musical ?

«J'écoute toujours beaucoup de musique quand je prépare un film. Mais elle n'est pas nécessairement en relation directe avec le personnage que je dois interpréter. Par exemple, quand nous étions en repérage en France pour Marie-Antoinette, j'ai écouté énormément de... country. De prime abord, ça peut sembler un choix étrange pour jouer une reine française. Mais en analysant bien la chose, je me suis dit que j'étais loin de chez moi et que pour certaines raisons, j'avais besoin de me replonger dans mes racines américaines. C'était un peu comme si Marie-Antoinette avait voulu se rapprocher de chez elle. Donc, cette immersion musicale revêtait un sens à mes yeux.»

Parlant de Marie-Antoinette , prendre des risques, cela fait-il partie de votre philosophie de la vie ?

«C'est vrai que gagner est une notion tellement américaine. Mais je pense aussi qu'il est essentiel d'avoir de l'audace dans tout ce que vous entreprenez, que ce soit sur un plan personnel ou professionnel. Si vous analysez ma filmo, vous constatez que plusieurs de mes films sont ceux de jeunes réalisateurs, que ce soit The Virgin Suicides pour Sofia ou American Girls pour Peyton Reed. Cela dit, il y a risque et risque. Dans son genre, Spiderman était un pari risqué.»

Sur quel plan ?

«Celui de faire trois bons films en six ans. Ce qui nécessite une très grande implication de la part de tous les protagonistes. Car en six ans, les choses changent autour de vous, que ce soit dans la vie ou dans le boulot. Et cela, je ne m'en étais pas nécessairement rendu compte au départ. Maintenant en termes de succès, jamais je n'ai pensé que ce film ne toucherait pas au but. J'avais confiance en Sam Raimi. Et puis tout le monde connaît le personnage de Spiderman.»

Où en le troisième épisode ?

«Nous commençons à tourner en janvier, pour une sortie prévue courant 2007. Ca me fait toujours bizarre de me projeter dans le temps de cette façon. Mais après ce 3e volet, ce sera fini pour moi. Sauf si on me paie énormément (rires). Enfin, si jamais l'idée d'un n°4 émerge, je pense que ma décision sera sujette à réflexion.»

© La Dernière Heure 2005