Dans l’inconscient collectif, dans l’imaginaire des hommes, elle est devenue la blonde hitchcockienne, froide et inaccessible. Une étiquette qui lui colle à la peau mais qui ne lui convient pas vraiment. "Je suis quelqu’un de beaucoup plus chaleureux dans la vraie vie que dans mes films", sourit-elle. "Pour ce qui est de l’image de la blonde, je n’y suis pour rien puisqu’il s’agit de ma couleur naturelle. Je l’ai toujours été. Quand j’ai débuté dans ce métier, j’étais loin de m’imaginer que ma couleur de cheveux allait avoir un tel impact. Qu’elle allait créer une sorte de mythe. Jeune, vous savez, je ne voulais pas devenir actrice. Non, mon rêve c’était d’être une patineuse sur glace professionnelle. D’où ma pseudo-froideur (rires) ! Je vivais dans le Minnesota. J’étais lycéenne. Un jour, devant l’école, une femme m’a tendu sa carte de visite. Elle cherchait des mannequins qui pouvaient défiler pour elle dans un grand magasin ! Tout est allé si vite ensuite…"

Vous affichez une santé insolente. Quel est votre secret ?

"Le stress ! Comme vous le savez, je gère une réserve d’animaux. The Shamba Preserve (www.shambala.org). Je voue depuis presque 50 ans, une passion pour les félins. Et comme vous le savez, ces gros chats ne mangent pas les pâtés que l’on trouve dans le commerce (rires). Il leur faut de la viande fraîche et bien saignante. Chaque mois, je dois trouver 75 000 dollars pour nourrir tout ce petit monde. Du coup, ça me procure du stress et ce stress d’une certaine manière me pousse à me bouger. Et quand on se bouge, on repousse je pense les assauts du temps."

Vous êtes en quelque sorte une Brigitte Bardot yankee ?

"Je n’ai jamais rencontré Brigitte Bardot. Je sais que nous partageons le même intérêt pour les animaux mais nous ne nous connaissons pas. Un jour, j’ai eu l’occasion de converser avec elle au téléphone. Mais la discussion n’a pas duré très longtemps car je ne parle pas le français et elle ne parle pas l’anglais. Avec l’aide d’un interprète, je lui avais demandé si elle était intéressée par la mise en chantier d’un sanctuaire pour les lions et les tigres en Europe. C’était une très grosse opération. Mais elle ne donna pas suite…"