2021 sera-t-elle l'année du passage définitif de l'ère du box-office cinématographique à celle du nombre d'abonnés des plateformes de streaming ? Du côté de WarnerMedia, on en semble persuadé. Et le groupe serait manifestement prêt, d'après des informations publiées par Bloomberg, a payer le prix fort pour le démontrer.

Dans les douze prochains mois, dix-sept blockbusters estampillés Warner Bros. seront proposés simultanément dans les salles de cinéma et sur la plateforme HBO Max. Ce qui a suscité de très nombreuses réactions négativesdes professionnels du 7e art Certains partenaires financiers s'estiment lésés, vu l'impact public moindre, et réclament des compensations sonnante et trébuchantes. Tout comme bien des acteurs, producteurs et autres réalisateurs, dont les contrats peuvent comprendre un cachet fixe et un pourcentage sur les bénéfices aux guichets à partir d'un certain seuil. Qu'il deviendrait beaucoup plus difficile d'attendre dans les nouvelles conditions.

Selon Bloomberg, WarnerMedia mettrait très largement la main au portefeuille pour faire taire les plaignants. Ainsi, sans tenir compte des résultats réels, pour tous les partenaires commerciaux, le studio paierait des plus gros bonus d'office, comme si chaque long métrage avait fait un succès mondial au box-office. Quant à toutes les personnes payées en partie au pourcentage, dès que la moitié des bénéfices prévus dans le contrat serait atteinte, la clause prendrait déjà effet. En outre, une grille appelée "Covid-19 Multiplier" recalculerait tout sur base du nombre de cinémas ouverts: moins il y aurait d'écrans disponibles, plus vite les conditions pour le cachet variable seraient atteintes.

Comme les salles de cinéma américaines ont déjà annoncé qu'elles allaient renégocier le partage des recettes (moitié-moitié avec le studio en général) lorsque les films seront aussi disponibles simultanément sur HBO Max, l'opération risque de coûter une fortune au géant des médias. Mais c'est le prix à payer pour rattraper son retard en matière d'abonnements en streaming, considéré désormais comme l'avenir de l'industrie cinématographique. Un pari risqué: il va falloir séduire des dizaines de millions de nouveaux souscripteurs pour compenser les pertes.