C’est étonnant comme le temps peut modifier les souvenirs. Et les envies. En 2004, quand les producteurs lui proposèrent de tenir le rôle de Bridget Jones qui lui avait valu tant de succès trois ans plus tôt, Renée Zellweger ne sauta pas de joie. Devoir prendre à nouveau une dizaine de kilos, avec le régime drastique qui suivrait, déambuler dans une robe tellement moulante que les déplacements en deviendraient compliqués, rien ne l’enchantait. Elle avait encore en mémoire le tournage du premier opus, durant lequel “cela me rendait triste tous les jours quand les gens me disaient : Comment vas-tu perdre tout ce poids ? Je ne pouvais pas répondre, parce que je ne fais pas autorité en matière de perte de poids.” Mais un triplement de son cachet (passé de 3,75 à 11 millions de dollars) l’avait convaincue de reprendre du service.

Douze ans plus tard, en 2016, elle eut exactement les mêmes réticences quand on lui proposa de tenir le rôle principal de Bridget Jones Baby. Et s’y ajoutait la crainte d’abîmer de jolis souvenirs. “J’étais terrifiée de retrouver ce personnage, expliqua-t-elle. Je me souvenais combien je l’avais aimée, j’étais très attentive à savoir qui serait son nouveau fiancé, et de manière générale, comment seraient traités ces personnages, dont, comme tant de gens, j’étais tombée amoureuse il y a des années. Certains se sont reconnus en Bridget Jones et les autres donc nous voulions être prudents et respecter l’héritage de l’histoire créée par Helen Fielding, tout ce que ça représente pour le public. Il ne fallait pas faire un film juste parce que c’était possible, mais au contraire, se reconnecter avec Bridget Jones et voir où en était la vie de ces personnages avec lesquels nous avons grandi. C’était passionnant.”

Chaque retrouvaille avec son rôle fétiche était donc associée à la peur. Et pourtant, désormais, elle rêve d’enfiler à nouveau la célèbre “culotte de grand-mère” de Bridget Jones, dans un quatrième volet qu’elle verrait bien s’intituler La ménopause. “Oh, ça alors, oui j’aimerais une suite, ça ne serait pas amusant ? C’est vraiment le meilleur travail. C’est tellement étrange que les gens ne peuvent l’imaginer de l’extérieur.” Mais cette fois, ce sont les producteurs qui semblent hésitants. Ce qui peut se comprendre : le troisième volet n’a rapporté que 211 millions $, contre 281 et 265 millions $ pour les deux premiers.