Nous avons vu la comédie attendue le 12 octobre
. Pas révolutionnaire mais drôle.

Oubliez toutes ces sornettes sur la chirurgie esthétique de Renée Zellweger. Car dans Bridget Jones’s Baby, on l’oublie tout de suite. Douze ans après, l’éternelle gaffeuse a maigri ("J’ai enfin mon poids idéal"), fête toujours son anniversaire toute seule, ne fume plus depuis 1891 jours (mais officiellement elle ne compte pas…), n’a plus aucun homme dans sa vie (Daniel Cleaver est mort et Mark Darcy s’est marié) et surtout, se retrouve enceinte. Sans pouvoir déterminer qui est le père. Dans un festival, elle s’est envoyée en l’air avec un parfait inconnu (Patrick Dempsey) et, une semaine plus tard, un baptême très alcoolisé s’est terminé dans le lit de Mark Darcy, à chaque fois avec des préservatifs végétariens périmés et déchirés achetés pour la protection des dauphins…

Douze ans pour accoucher d’une histoire aussi banale, et éliminer les délicieux comptages farfelus de Bridget Jones, c’est démesuré. Mais heureusement, les dialogues sont souvent à la hauteur de l’attente. Notamment lors d’une séquence désopilante… d’enterrement, celui du séducteur autrefois campé par Hugh Grant. Dans l’assistance, quasi rien que des beautés fatales. "Sa mort semble toucher toute la communauté des mannequins de l’Europe de l’Est", note avec perfidie l’ex-rondouillarde. Avant de déclarer que la cérémonie était "tellement belle qu’on aurait presque envie que ce soit la nôtre"…

Si Renée Zellweger bénéficie de quelques répliques bien senties ("J’ai dépassé la date de péremption sexuelle", "Une prostituée ? Non ! Je suis une femme élégante qui consomme les hommes pour son plaisir" ou "Mais j’ai des boîtes de soupe qui sont plus âgées qu’elle !" à propos d’une nouvelle directrice qui a la réputation de virer tous ses aînés), elle se fait quand même voler la vedette par deux acteurs exceptionnels. Colin Firth, plus coincé qu’une troupe entière de gentlemen, joue à merveille du contraste entre ses émotions et son visage d’enterrement. Quant à Emma Thompson, elle est juste magnifique en gynéco qui traite sa patiente de "mère gériatrique" ou se montre très excitée à l’idée de comparer les ADN des deux pères potentiels : "On se croirait à X-Factor ".

Patrick Dempsey se trouve moins servi par les dialogues, mais va en faire craquer plus d’une. À l’image de cette comédie peut-être pas novatrice mais durant laquelle on rit souvent. Et même si Renée Zellweger grimace trop, c’est bien là l’essentiel, non ?