«Brokeback Mountain» victime d’une «Collision»

Cinéma

Publié le

«Brokeback Mountain» victime d’une «Collision»
© AP
Le film «Collision» ("Crash") du Canadien Paul Haggis a créé la surprise en remportant l’Oscar du meilleur film. Découvrez le palmarès complet

HOLLYWOOD «Le secret de Brokeback Mountain», grandissime favori, a dû se contenter du prix du meilleur réalisateur pour Ang Lee. Collision (Crash en version originale), entrelacs de destins dans le chaudron multiracial de Los Angeles, qui était nommé à six reprises, a remporté deux autres statuettes dorées: meilleur scénario original pour Paul Haggis et Bobby Moresco, et meilleur montage.

Même score de trois Oscars pour le western homosexuel Brokeback Mountain, donné pourtant grand favori avec huit sélections: outre Ang Lee, ses scénaristes Larry McMurtry et Diana Ossana repartent avec l’Oscar de la meilleure adaptation et l’Argentin Gustavo Santaolalla avec celui de la meilleure musique originale.

L’Oscar du meilleur acteur est allé à Philip Seymour Hoffman pour son rôle de l’écrivain homosexuel Truman Capote dans le film éponyme, tandis que Reese Witherspoon a obtenu la statuette de la meilleure actrice pour son incarnation de la chanteuse June Carter Cash dans Walk the line.

De leur côté, George Clooney (Syriana) et la Britannique Rachel Weisz (The Constant Gardener) ont reçu les statuettes des meilleurs acteurs dans un second rôle.

Récompensé par l’Oscar du meilleur documentaire pour La marche de l’empereur sur les manchots de l’Antarctique, le Français Luc Jacquet a dédié son prix à «tous les enfants dans le monde qui ont vu ce film. En 2041, ils décideront ou pas de renouveler le traité protégeant l’Antarctique. J’espère que ce film les inspirera».

C’est le réalisateur sud-africain Gavin Hood qui a remporté l’Oscar du meilleur film en langue étrangère avec Tsotsi, l’errance d’un jeune chef de gang à Johannesburg, dans un univers de pauvreté, de violence et de sida.

A égalité de récompenses avec Collision et Brokeback mountain figurent deux films à gros budget, pourtant peu avantagés dans une sélection qui faisait la part belle à des oeuvres indépendantes: King Kong et Mémoires d’une geisha, distingués dans des catégories techniques.

La nouvelle édition des aventures du singe géant a ainsi raflé les Oscars des meilleurs effets spéciaux, du meilleur son et du meilleur montage sonore, tandis que Mémoires d’une geisha a été récompensé pour la direction artistique.

Parmi les autres récompenses remises lors de la cérémonie au théâtre Kodak devant 3.300 membres du gotha du cinéma et des centaines de millions de téléspectateurs, l’Oscar du meilleur film d’animation est allé au loufoque «Wallace et Gromit et le mystère du lapin-garou» du Britannique Nick Park, tandis que l’équipe du film fantastique Le monde de Narnia est repartie avec l’Oscar du meilleur maquillage.

Deux films figurant parmi les plus sélectionnés sont remarquablement absents du palmarès: Good night, and good luck, de George Clooney, oeuvre sur le combat d’un journalisme sur le maccarthysme nommée six fois, et Munich de Steven Spielberg sur la traque des terroristes des jeux Olympiques de 1972, qui repart bredouille malgré cinq nominations.

Deux heures avant l’ouverture de la cérémonie, les vedettes avaient sacrifié au rituel du défilé sur le tapis rouge.

Parmi elles, les sélectionnés aux récompenses bien sûr, mais aussi des grands noms de la profession comme Meryl Streep, Jennifer Aniston et Nicole Kidman, rivalisant de toilettes élégantes et arborant des bijoux de grand luxe.

Hollywood a aussi saisi l’occasion de ces 78e Oscars pour rendre hommage à deux de ses légendes octogénaires: Lauren Bacall, veuve de Humphrey Bogart, a fait une courte apparition sur scène, tandis que le cinéaste Robert Altman a reçu un Oscar d’honneur pour l’ensemble de sa carrière.

A lire également

Notre sélection d'annonces

Fil info