Le réalisateur Gilles Béat est, lui, impressionné par la performance de Gérard Depardieu

envoyé spécial en france patrick laurent

PARIS Après 17 ans de séries policières (Julie Lescaut, Commissaire Moulin, Les Cordier juge et flic, Une femme d'honneur), le réalisateur de Rue Barbare revient au cinéma. Avec la véritable orthographe de son nom (et non plus Béhat, comme écrit par erreur lors de son premier film) et un sujet dur comme il les aime.

Centré sur le parcours d'un policier solitaire. "Ce n'est pas un pourri. Il a franchi un jour la ligne jaune et cela le poursuit. Ce n'est pas non plus un grand flic. Il fait le commissariat la nuit. C'est un hommage au cinéma noir français et américain, à ces films des années 40 qu'on appelait des séries B. Des films à petits budgets en noir et blanc, tournés la nuit dans des villes et des décors improbables. Cela m'a fasciné. "

Gilles Béat en parle avec un enthousiasme qu'on ne partage pas.

"C'est magnifique car ça raconte la face cachée, dure, de l'homme, de la ville. Les flics ne sont pas des héros, mais des êtres pris dans des engrenages. C'est comme un entonnoir : on se retrouve pris dans une histoire dans laquelle on ne veut pas être. "

Et que, nous, on n'a pas envie de voir. Surtout avec un Depardieu aussi caricatural. "Depardieu fait l'unanimité parmi ceux qui m'en ont parlé. Cela fait longtemps que je n'ai pas vu Gérard avec une telle sobriété, sensibilité, intériorité dans le jeu. Comment il incarne la solitude, la fatigue, la blessure, la déchirure."

Il oublie de préciser l'antiséduction, alors que toutes les femmes du film craquent pour lui. "Léon n'est pas amoureuse de lui. Et Asia Argento, on sent tout de suite qu'elle l'a manipulé, qu'elle s'est servie de lui pour monter en grade. De même, quand il tire dans la tête du dealer, il n'a pas le choix. Après, il gerbe dans le lavabo, parce que c'est insupportable. Malheureusement, ce film est tristement réaliste."



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