Freedomland. Avec Julianne Moore et Samuel L. Jackson

BRUXELLES Pas encore sorti en France, ce thriller psychologique qui n’est pas sans rappeler Garde à vue y portera un titre sans doute plus évocateur : La couleur du crime. Il y est effectivement question de lourdes tensions raciales lorsqu’une femme en état de choc débarque dans un l’hôpital du New Jersey. Bientôt, Brenda Martin est entendue par un inspecteur de police auquel elle raconte son horrible histoire : elle a été victime d’un car-jacking alors que son fils de quatre ans dormait sur le siège arrière de la voiture.

D’après elle, l’auteur était un Noir… Les avis de recherche ne manquent pas de réveiller les tensions raciales sous-jacentes entre les deux communautés… Freedomland est tiré du roman éponyme dont l’auteur, Richard Price, a lui-même réalisé l’adaptation, comme il l’avait déjà fait auparavant pour de brillantes réussites telles Sea of Love et Mad Dog and Glory. Dans le présent ouvrage, tout est une question d’ambiance.

Le récit oscille entre les séances d’interrogatoires et les recherches sur le terrain avec tout le poids d’une grosse épée de Damoclès qu’on appelle racisme. La mère étant blanche et le flic noir, l’enquête n’en est guère facilitée… Julianne Moore incarne la première et Samuel L. Jackson le second dans un duel d’acteurs d’une intensité dramatique convenable, servi par une mise en scène assez surprenante de rigueur, venant d’un réalisateur comme Joe Roth, surtout connu jusque-là pour des comédies assez banales, du genre Couple de stars et Christmas with the Kranks (où le couple Tim Allen/Jamie Lee Curtis refusait de décorer sa maison au grand dam de Dan Aykroyd).