Avec les salles de cinéma hermétiquement closes la majeure partie de l’année, il ne fallait pas avoir une boule de cristal pour deviner que le bilan de l’année 2020 serait catastrophique. Il l’a été. Dans des proportions encore plus élevées que craint.

En Europe, le box-office a chuté de 70,6 % par rapport à 2019, ce qui correspond à une perte de 6,2 milliards, annonce l’Union Internationale des Cinémas. En Belgique, c’est pire, puisque la dégringolade est de 74 %, bien derrière nos voisins français (-69 %), allemands (-70 %) et, surtout, hollandais (-56 %).

Seule source de satisfaction : la part des films nationaux a souvent dépassé les 25 % dans les recettes. Sans précision concernant la Belgique. Logique, dans la mesure où la plupart des longs métrages noir-jaune-rouge qui devaient faire l’événement l’an dernier ont été reportés à 2021. On pense notamment à Des hommes de Lucas Belvaux (une merveille sur les conséquences de la guerre d'Algérie), L’ennemi de Stephan Streker (inspiré de l'affaire Wesphael) ou La dernière tentation des Belges , la nouvelle comédie surréaliste de Jan Bucquoy. Comme sont aussi attendus cette année Le calendrier de Patrick Ridremont (un suspense basé sur les surprises d'un calendrier de l'Avent), Nobody Has to Know de Bouli Lanners (un thriller écossais), Les intranquilles de Joachim Lafosse (une histoire d’amour peu banale sur fond de troubles psychiatriques bipolaires) ou Inexorable de Fabrice du Welz (avec Benoît Poelvoorde en romancier victime du syndrome de la page blanche), nos cinémas auront un fort accent belge dès qu’ils pourront rouvrir.

Et ce n’est pas tout. Le Centre du Cinéma et de l’Audiovisuel vient d’annoncer son soutien à 41 longs métrages. Avec quelques grosses pointures parmi les heureux élus. Comme les frères Dardenne, qui tourneront cet été Tori et Lokita. Soit l'histoire "d''amitié entre deux jeunes venus seuls d’Afrique et devant faire face aux cruelles conditions de leur exil en Belgique." Le tournage doit débuter cet été, avec une sortie plus que probable pour le Festival de Cannes 2022. Il ne faut pas non plus oublier les très poétiques Dominique Abel et Fiona Gordon, à la poursuite de L’étoile filante, ou Sam Garbarski, qui décrira un monde dans lequel les androïdes occupent tous les postes de travail dans The Perfect Boyfriend

Malgré la morosité ambiante, il y a donc encore des raisons de se montrer optimiste.