Après l’accident vasculaire dont elle a souffert, et qui a retardé de huit mois le tournage du film d’Emmanuelle Bercot, De son vivant, la venue de Catherine Deneuve à Cannes faisait encore plus figure d’événement que d’habitude. Même s’il était évident que toute cette attention autour de son état de santé la gênait aux entournures, elle qui préfère parler de cinéma que d’elle-même.

"Je ne m’attendais pas à cette question mais je vais bien, lance-t-elle en conférence de presse tout en retirant son masque rose. Je suis contente, comme tous ceux qui sont présents, que le Festival ait pu reprendre. C’est très important pour tout le monde, y compris pour ceux qui n’ont pas pu venir."

Par un étonnant concours de circonstances, elle incarne une mère qui doit accompagner vers la mort son fils (Benoît Magimel), frappé par le cancer. "Il s’était déjà passé beaucoup de choses dans un temps assez réduit, puis cette autre chose terrible qui a provoqué une situation. Tout cela amène à avoir une perception de la vie très différente. Le sida est déjà très douloureux, mais ceci touche encore plus de personnes. Cela lie les gens, c’est donc très différent."

Un long métrage que Catherine Deneuve a abordé dans un grand état de sensibilité. "J’avais déjà travaillé avec Emmanuelle Bercot. J’attendais donc quelque chose de fort. Le scénario était très émouvant et difficile à lire, à prendre, parce que c’est très frontal."

Le tournage, entrecoupé pour des raisons de santé, ne s’est pas révélé non plus des plus simples pour elle. "C’est complexe. Nous sommes très protégés, surveillés. Les acteurs se retrouvent en studio et tout d’un coup, les gens portent un masque. On dit toujours que les yeux expriment le plus, mais quand la moitié du visage est cachée, les yeux ne suffisent pas. Même si au bout de quelques jours, la situation était tellement forte, particulière, qu’on oublie tout ça et qu’on reste totalement dans le film."

Le résultat a dépassé ses espérances, avec une énorme standing ovation lors de la première cannoise. "Je viens à Cannes depuis longtemps. À chaque fois, c’est différent. Mais je pense n’avoir jamais été aussi émue par la façon dont le public a accueilli le film et m’a accueillie."