Pendant le confinement, il a réalisé un clip avec les danseurs de l’Opéra de Paris. Il a été vu partout dans le monde. Ce qui nous lie 21.00

N’ayons pas peur des mots : Ce qui nous lie est, sans doute, le meilleur film de Cédric Klapisch. Ce qui est sûr, c’est que c’est notre préféré, celui dans lequel le réalisateur de Chacun cherche son chat et L’auberge espagnole a mis le plus de tendresse, d’humanité, sans jamais oublier cet humour tendre et un rien loufoque par lequel il nous a séduits de (très) longue date. Alors, tant pis si le parallèle est facile : Cédric Klapisch fait partie de ces (rares) cinéastes que l’on aime regarder grandir, vieillir, mûrir. Comme un bon vin, comme ces grands crus qu’il filme avec précision et délicatesse tout à la fois. Une histoire de pinard, bien sûr, mais surtout une histoire de fratrie, de temps qui passe, de celui qui nous reste et ce que l’on va laisser, une fois la parenthèse refermée. "Je ne sais pas bien pourquoi j’ai fait ce film", nous confiait le réalisateur en 2017, au moment de sa sortie en salles. "J’ai toujours été sensible aux paysages des vignobles. La culture du vin est aussi liée à mon père (décédé mi-mars, NdlR) : c’est par lui que j’ai commencé à le connaître. On a fait, ensemble, des voyages en Bourgogne où il allait acheter son vin… Mais hormis ça, je ne sais pas pourquoi j’ai voulu faire ce film maintenant. Il y a quelque chose de mystérieux dans le choix des sujets."

Qu’au fond, tout ceci n’était qu’un décor pour parler d’autres choses, Cédric Klapisch l’a compris assez tard. "Ça parle du temps qui passe et du lien… C’est pour ça que je n’ai appelé ce film comme ça que très tardivement. Le vin est un produit fédérateur, c’est un facteur de lien temporel. Mais c’est surtout un film sur la fraternité, la fratrie."

Pour l’occasion, le réalisateur avait également retrouvé, après 14 ans, Santiago Amigorena (auteur du merveilleux Le ghetto intérieur, prix de la Renaissance du Livre en 2019), son coscénariste sur trois autres films (Le péril jeune, Peut-être et Ni pour, ni contre). "Santiago a amené un truc volontairement mélo, volontairement poétique, d’une façon beaucoup plus frontale que j’oserai le faire seul. Il est plus romantique que moi. Ou alors, c’est moi qui ai plus de pudeur", souriait encore Klapisch.

Aujourd’hui, comme tout le monde, le réalisateur vit confiné. Quand le grand enfermement a commencé, il n’était pas en plein tournage mais en cours d’écriture d’une série pour la télé et d’un film, parallèlement. En collaboration avec les danseurs de l’Opéra de Paris, il a également réalisé un clip, la Danse des Chevaliers extrait de la partition de Roméo et Juliette de Serguei Prokofiev. Des images pour dire merci aux soignants, rapidement devenues virales aux quatre coins du monde. "Rapidement, on a reçu des appels de journalistes étrangers provenant d’Angleterre, du Canada, du Japon, de l’Allemagne. Beaucoup de journaux télévisés ont diffusé le film. C’est fou comme cela s’est répandu !", se réjouit le cinéaste qu’il nous tarde de retrouver.