Cinéma

Les films d’horreur sont devenus marginaux dans la programmation des multiplexes. Et pourtant, les cinéphiles tremblent souvent à l’idée de se rendre dans une salle de cinéma. 

Un effroi moins suscité par la crainte de déguster un abominable navet que par le risque de se trouver coincé à côté de spectateurs irrespectueux, égoïstes, grossiers ou agressifs.

Un cauchemar susceptible de prendre bien des formes. Parfois très surprenantes, si on en croit un sondage réalisé par RadioTimes auprès de 3.000 Britanniques. En tête des nuisances se trouvent en effet les coups de pied sur le siège balancés depuis la rangée suivante, et non les bavardages ou la consultation intempestive des smartphones.

Plus étonnant encore, les embrassades d’amoureux arrivent en septième position des comportements les plus insupportables outre-Manche. Juste devant le voisin envahissant trop à l’étroit sur son seul fauteuil.

Voici le top 10 de ce qui énerve le plus les cinéphiles en salle :

- Les coups de pied sur les sièges : 29,5 % ;

- Les bavardages : 24,1 % ;

- La lumière des smartphones : 15,8 % ;

- Manger bruyamment : 7,5 % :

- Les personnes assises sur un siège qu’elles n’ont pas réservé et qui refusent de bouger : 6,9 % ;

- Se lever pendant la projection : 5,5 % ;

- Des amoureux qui s’embrassent : 3,2 % ;

- L’empiétement sur son siège : 3 % ;

- L’odeur de la nourriture : 2,9 % ;

- Boire bruyamment : 1,6 %.

Pas de trace, par contre, des lancers de pop-corns, du renversement massif de nourriture sur le sol, des odeurs corporelles ou des groupes incapables de faire la différence entre une salle de cinéma à l’ambiance feutrée et un stade de foot où chacun hurle ses émotions. Ceci explique aussi, pourtant, pourquoi en quatre ans à peine, les salles belges ont perdu 14 % de fréquentation.

Une enquête menée par The Hollywood Reporter en septembre 2019 dévoile une autre source d’irritation, plus inattendue : les bandes-annonces. Dans les cinémas américains, en moyenne, sept à huit "trailers" sont dévoilés avant le début de la projection. Ajoutés aux publicités, ils rallongent l’expérience cinématographique de 15 à 20 minutes. Ce qui est jugé beaucoup trop long. Même si les plus jeunes sont moins dérangés par les bandes-annonces, toutes les tranches d’âge se retrouvent dans le désir d’en diminuer le nombre. Pour 59 % des sondés, trois présentations des futurs blockbusters constituent le maximum avant d’atteindre l’overdose. Qu’on se le dise : le cinéphile n’est plus patient.