Charles Nemes se plaît à faire des films qu'il irait voir lui-même au cinéma

BRUXELLES Réalisateur chevronné qui passe sans difficulté du grand au petit écran, Charles Nemes fait partie de ces metteurs en scène qui n'ont pas cédé à la vogue minimaliste du cinéma français des années 90.

"J'essaie toujours de faire des films que j'aimerais moi-même aller voir au cinéma, ce qui n'a rien de vraiment exclusif. Quand j'étais jeune, je prenais autant de plaisir à voir des films comme Le cuirassé Potemkine ou Citizen Kane, que le dernier James Bond. Avec Le séminaire, mon but était d'apporter une vision cinématographique à un univers défini et cohérent."

Il n'a eu, par ailleurs, aucun mal à collaborer avec les deux acteurs principaux : "Par rapport à Bruno et Yvan, j'ai une distance qu'ils n'ont pas. Comme c'était leur but d'échapper aux contraintes de Caméra Café, nous avons travaillé en parfaite symbiose." Bien qu'il n'ait pas participé à l'écriture, Charles Nemes a pu mettre à profit son expérience du tournage de La tour Montparnasse infernale ...

"Il est vrai que cela m'a servi dans l'utilisation de l'architecture contemporaine et dans certaines scènes d'action, de même que dans la compression du budget, ce dont personne ne s'est plaint", explique-t-il avec une pointe d'humour.

Avant de glisser que, pour son prochain film, il veut en revenir à quelque chose de plus personnel.

"S'il est toujours aussi difficile de produire des films en France sans passer par l'accord du système, le climat est moins défavorable aujourd'hui. J'ai en magasin un sujet traitant d'une mise en quarantaine qui mijote depuis des années, mais aussi une envie d'adapter un roman de littérature générale, et même plusieurs projets cousins du Séminaire ..."



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