Il campe un intellectuel de gauche forcé d’accueillir des Roms chez lui dans À bras ouverts, une comédie présentée hier à Bruxelles.

Le costume classe et distingué de Claude Verneuil, le père conservateur et catholique de Qu’est-ce qu’on a fait au bon Dieu ? (12,3 millions d’entrées), lui sied toujours autant. Mais les apparences sont trompeuses. Christian Clavier a effectué un changement de cap radical. Hier à Bruxelles, il s’est en effet présenté en intellectuel de gauche pris à son propre piège et bien forcé d’accueillir des Roms chez lui dans À bras ouverts, une comédie signée à nouveau par Philippe de Chauveron et attendue dans les salles le 5 avril.

"Ce n’est pas une suite, insiste-t-il. Qu’est-ce qu’on a fait au bon Dieu ? montrait une famille conservatrice de Tour qui avait des difficultés à accepter les mariages mixtes alors qu’À bras ouverts s’intéresse à une famille très médiatique, des Parisiens branchés, progressistes - je ne dirai pas de gauche ou de droite parce que ça réduit même s’il y a de la gauche caviar chez eux - et qui ont un certain nombre de principes. Ils sont pris à contre-pied dans leurs clichés et leurs postures. C’est le même type d’écriture, les mêmes auteurs, donc c’est une continuité du regard sur la société française en s’amusant des a priori d’une manière très bienveillante. Car s’ils sont stupéfaits de devoir accueillir des Roms chez eux au départ, ils vont apprendre à se connaître. On s’intéresse donc à une autre partie de la société française, avec une autre manière de voir les choses, mais c’est très amusant, et c’est l’essentiel."

On vous sent très complice avec Ary Abittan…

"La situation veut ça. Je campe un intellectuel qui écrit des bouquins, passe à la télévision en permanence, milliardaire car sa femme est très riche, et Ary un Rom qui essaie de se caser avec sa famille. Il y a une telle différence que c’est très intéressant à jouer. Ary a fait une composition loin des personnages de séducteurs, un peu hâbleurs, qu’il fait habituellement. Il a opté pour un look particulier. Les deux fonctionnent bien dans leurs contradictions."

Il y a aussi beaucoup de tendresse par rapport à votre propre rôle, non ?

"Il accueille, finalement. Il est sincère dans ses opinions. Il est pris à contre-pied parce qu’il vit dans la société du spectacle, communicante, médiatique et c’est de ça dont on se moque. Mais dans le fond, il est mieux que ce qu’il montre."

On vous a déjà demandé d’accueillir des Roms ?

"Non, jamais, mais je n’ai jamais réclamé d’en recevoir non plus à la télévision. Peut-être que cela me serait arrivé si je l’avais fait comme mon personnage. Ce film est parti de l’opposition entre ceux qui estiment qu’il faut ouvrir les frontières et ceux qui ne veulent accueillir personne et qui disent : ‘Accueillez-les chez vous !’ Le film s’amuse de ces postures qu’on prend à la télévision."

Gros succès en vue dès le 5 avril.


Le nouveau comte de Champignac

Période faste pour Christian Clavier. Déjà à l’affiche d’Un sac de billes et de Si j’étais un homme, il revient le 5 avril avec À bras ouverts, avant une avalanche de nouvelles compositions.

Tout d’abord, il donnera pour la toute première fois la réplique à Catherine Frot dans Momo, l’adaptation d’une pièce de théâtre à succès. "Un homme prétend être mon fils. Je m’y oppose en criant à l’imposture mais mon épouse, qui a toujours rêvé d’avoir un enfant, est tentée par la situation."

Ensuite, il réalisera un de ses rêves d’enfance en incarnant le comte Pacôme Hégésippe Adélard Ladislas de Champignac dans Les aventures de Spirou et Fantasio."J’ai grandi avec la BD Il y a un sorcier à Champignac. Je me suis fait vraiment plaisir."

Enfin, il restera dans le 9e art avec une nouvelle adaptation du Chat du Rabbin de Joan Sfarr. "J’ai de la chance", conclut-il.