Pour l'industrie du cinéma, c'est panique à bord. Les salles bruxelloises, désormais fermées, représentent à elles seules 16 % du box-office belge. Certes, la Flandre totalise 47 % des recettes et la Wallonie 37 %, mais les sièges des multiplexes connaissent des taux d'occupation si bas que beaucoup travaillent à perte sans la vente des snacks et boissons. Une catastrophe. Et si certains ne voient pas comment la situation pourrait être pire, c'est qu'ils sous-estiment les plateformes de streaming.

Selon Variety, une des deux "Bibles" hollywoodiennes, Netflix, Apple TV+ et d'autres concurrents auraient approché la MGM pour acheter les droits d'un des blockbusters qui étaient censés attirer le plus de monde devant les grands écrans cette année, No Time To Die. Déjà reporté deux fois, le nouveau James Bond est désormais annoncé pour avril 2021, et les géants du streaming auraient bien aimé refaire le coup de Mulan et de Soul par Disney+, à savoir le proposer en exclusivité à leurs abonnés tout en zappant les projections publiques. Toujours selon la revue généralement très bien informée, la MGM n'aurait pas été fermée à cette option, à condition de toucher 600 millions de dollars.

Le nombre aurait fait reculer tous les prétendants. Et pourtant, il peut aisément s'expliquer. Le studio a dépensé 250 millions de dollars rien que pour le tournage. Auxquels il faut ajouter de 30 à 50 millions de dollars jetés par la fenêtre en frais de promos inutiles. Et d'après Variety, les gros sponsors auraient probablement réclamé un remboursement, eux qui ont payé pour apparaître sur des grandes toiles blanches dans un film événement et non uniquement sur des écrans plus petits.

Face à cet article, la MGM a opposé un démenti assez laconique: "Nous ne commentons pas les rumeurs. Le film n'est pas à vendre. La sortie a été postposée à avril 2021 dans le but de maintenir l'expérience cinématographique des spectateurs."

C'est donc loupé, cette fois-ci, pour les plateformes de streaming. Mais si la situation devait s'étendre pendant plusieurs mois encore, avec des risques de faillites, il n'est pas sûr que les réponses seront toujours identiques à l'avenir.