La pomme ne tombe jamais loin de l’arbre dit-on. À passer en revue l’imposante carrière de Claude Brasseur, on ne peut qu’acquiescer. Fils de Pierre Brasseur, l’un des plus grands acteurs français d’après-guerre, il avait de qui tenir. Les rôles qu’il a endossés, tant au théâtre que devant la caméra le prouvent. De Vidocq à Camping, voici comment il s’est construit un prénom pour s’inviter dans la famille des comédiens français que tout le monde connaît.

Vidocq

Après avoir débuté au théâtre en 1955 dans Judas, de Marcel Pagnol, Claude Brasseur découvre la caméra l’année suivante avec Rencontre à Paris, de Georges Lampin. Mais ses premiers faits d’armes, c’est à la télévision qu’il les doit. Il est d’abord Rouletabille dans Le mystère de la chambre jaune, puis Sganarelle dans Dom Juan. La grande notoriété arrive ensuite avec Les nouvelles aventures de Vidocq, toujours pour le petit écran. Pendant treize épisodes tournés entre 1971 et 1973, il incarne François Vidocq, un bagnard devenu policier initialement interprété par Bernard Noël dans les années 60.


Un éléphant ça trompe énormément

Dans l’esprit de tous, Jean Rochefort, Victor Lannoux, Guy Bedos et Claude Brasseur constituent l’inséparable bande des quatre. Ils sont Étienne Dorsay. Bouly, Simon Messina et Daniel dans Un éléphant sa trompe énormément et sa suite Nous irons tous au paradis. Ce rôle a valu un César à Claude Brasseur, celui du meilleur acteur de second rôle, en 1977. À l’époque, il est un des premiers à interpréter pour le cinéma français un personnage homosexuel hors des clichés habituellement véhiculés. Les deux films ont connu un grand succès. Un éléphant ça trompe énormément a même eu les honneurs d’un remake aux États-Unis, en 1984.


La guerre de polices

Trois ans après son premier César, Claude Brasseur en décroche un second, avec La guerre de polices. En 1980, l’heure n’est plus au second rôle mais à la consécration avec un titre de meilleur acteur. Pourtant, le film de Robin Davis dans lequel le commissaire Jacques Fush (Claude Brasseur) et son homologue Ballestrat (Claude Rich) s’affrontent sous le regard de Marlène Jobert n’est pas resté dans toutes les mémoires. Et ce malgré le César et près de 1,8 million d’entrées en salles.

La Boum

En 1980, le vrai triomphe, Claude Brasseur le connaît avec La Boum. Quatre millions d’entrées en France, quinze millions en Europe ! Le père de Vic (Sophie Marceau) qu’incarne le comédien parle à tout le monde. Il est ce papa confronté à une adolescente qui grandit bien plus vite qu’il ne l’imagine. À l’origine, le rôle avait été proposé à Francis Perrin qui l’avait décliné. Ce n’est qu’alors que le réalisateur Claude Pinoteau s’est tourné vers Claude Brasseur qui, à sa grande surprise paraît-il, a accepté la proposition.


Camping

Un bagnard reconverti en policier, des commissaires de la trempe des durs à cuire, un papa poule, etc., Claude Brasseur savait tout jouer. Jusqu’à l’irascible gentil beauf de camping. Jacky Pic, l’inexpulsable locataire de l’emplacement 17 du camping des Flots bleus dans la saga Camping, c’était lui. Pourtant, une fois de plus, il n’était pas le premier choix. Le rôle avait initialement été écrit pour le regretté Jacques Villeret. Le film a fait près de 5,5 millions d’entrées en France.