Geroge Clooney a assuré le show à Cannes aux côtés d’une Julia Roberts magnifique, souriante mais manifestement nerveuse.

Premier très gros coup de chaleur, hier à Cannes, avec la venue conjointe de trois superstars parmi les plus populaires de la planète, Jodie Foster, Julia Roberts et George Clooney. La première a signé une comédie grinçante sur le monde de la finance, Money Monster , la deuxième montait pour la toute première fois de sa vie les marches du Palais et le troisième, jamais en retard d’une bonne blague, n’a pas son pareil pour assurer le show.

D’entrée de jeu, sans surprise, ce dernier a pris les commandes de la conférence de presse, en jouant les serveurs pour ses amies. "Eau plate ou pétillante ?" (what else ?), lance-t-il, stylé, avant d’embrasser la modératrice.

Sacré bonhomme, qui ironise sur le fait qu’un journaliste iranien le verrait bien président des USA ("C’est un compliment, surtout de la part de quelqu’un qui vient d’Iran"), s’amuse de son éternelle complice ("Je n’ai pas cru que Julia accepterait le rôle. J’ai dit à Jodie de la contacter tout de suite, qu’elle dise non et qu’on passe à autre chose. On attend toujours ce non…") et se moque même sa réalisatrice ("On comprend tout de suite qu’elle souhaite qu’on arrête la journée car elle n’est pas contente. Cela a été comme ça tous les jours, sauf le premier et le dernier. C’était un désastre pour Jodie mais très amusant pour nous").

Mais de temps à autre, sans raison apparente, il est aussi capable de garder son sérieux. Notamment parce que Money Monster semble préfigurer l’Amérique de Donald Trump. "Disons les choses simplement : il n’y aura pas de président Donald Trump. Nous n’avons pas envie de mettre la peur au pouvoir dans le pays, ni que les femmes et les immigrants vivent dans la crainte. Trump est le résultat des émissions de télé où on ne pose pas les bonnes questions. Si on informait sur son programme, l’effet serait différent. Le problème, c’est qu’on ne prend plus la peine d’informer. Il faut repartir des faits."

Déchaîné, il en remet très vite une couche sur les médias. " Money Monster parle de la limite entre info et divertissement. Voici deux ans, on a montré mon film, Good Night Good Luck a des jeunes. Ils ont bien aimé mais n’ont pas trouvé que c’était une comédie : tout ce qu’on y montrait voici onze ans est devenu réalité ! Aujourd’hui, cela n’étonne plus personne qu’un fou furieux fasse une prise d’otages sur un plateau de télé."

À ses côtés, fidèle à elle-même, Julia Roberts se contente le plus souvent de sourire. Sublime dans sa tenue de gangster (pantalon gris à rayures, gilet assorti au-dessus d’une chemise blanche), elle ne peut cacher sa fébrilité. "Je suis très contente que Jack O’Connell soit là : c’est aussi sa première visite à Cannes et il est peut-être la seule personne encore un peu plus nerveuse que moi. Je n’étais jamais venue ici, c’est totalement fou, mais c’est aussi une grande fête du cinéma et c’est très excitant."

En dehors d’un petit "Je ne me sens pas en insécurité", elle se cantonnera dans les banalités d’usage sur sa réalisatrice. Sauf pour expliquer pourquoi elle ne voudrait pas passer derrière la caméra. "Je connais mes limites intellectuelles et celles de ma patience. Je ne supporte pas de répondre à plus de quatre questions par heure. C’est comme savoir peindre ou jouer du violoncelle : ce sont des talents que j’admire, mais je préfère admirer ça à distance."

Et là, pour une fois, c’est Jodie Foster et George Clooney qui ont ri.