Clovis Cornillac prend de la hauteur

Cinéma

Propos recueillis par P. L.

Publié le

Le futur Astérix est un chevalier du ciel

ENVOYÉ SPÉCIAL EN FRANCE PATRICK LAURENT

MARTIGUES Retenez bien son nom. En 2007, l'année de ses 40 ans, Clovis Cornillac sera la nouvelle star du cinéma français. Détenteur d'un César, il supplantera Christian Clavier pour apparaître sur tous les écrans de France et de Belgique en petit Gaulois râleur, grande vedette et rôle principal d' Astérix aux Jeux Olympiques. Mais avant de s'envoler (peut-être) vers les sommets du box-office hexagonal, et alors qu'il a refusé Ma vie en l'air, il prend de l'altitude dans Les chevaliers du ciel en incarnant un as de l'aviation branché belles carrosseries.

«Pourquoi on a tant envie de s'envoyer en l'air pour l'instant au cinéma? Top gun avait placé la barre tellement haut que plus personne n'a osé aborder le sujet. Maintenant, les complexes ont disparu. Personnellement, ma référence en la matière, c'est L'étoffe des héros. Un vrai chef-d'oeuvre. Alors que Top Gun, ce n'était pas du tout mon truc. A sa sortie, je l'avais même trouvé franchement mauvais.»

Pourquoi avoir accepté de jouer dans Les chevaliers du ciel, alors?

«Rien ne m'a séduit dans le projet! (rire ). Je n'étais même pas fan de la série, vue gamin. Je préférais Jacques Santi. Le personnage gaffeur de Christian Marin, je n'y croyais pas. C'est d'ailleurs pour ça que Vallois ne lui ressemble pas du tout: c'est une grande gueule, un dragueur, il accumule tous les clichés des buddy movies, mais c'est un vrai pilote, pas un gaffeur.»

Cela n'explique toujours pas pourquoi vous avez voulu le jouer...

«Ce milieu secret, hermétique, m'est totalement inconn u. Les valeurs militaires sont très éloignées des miennes. Pour un acteur, la curiosité constitue un puissant moteur. Exactement comme lorsqu'on interdit à un enfant de mettre le doigt dans la prise: il n'y a rien de plus tentant... Et je n'ai pas été déçu. Les personnages que j'incarne ne me ressemblent jamais. Mais j'essaie toujours de trouver des points communs avec eux, en explorant leurs bons côtés si ce sont de sales types, ou inversement. Je ne suis pas du tout insouciant comme Vallois. Idem pour son rapport aux femmes: je suis à un million de kilomètres de ça. Mais c'est moi qui l'ai amené sur ce terrain-là: il fallait le tirer vers quelque chose de politiquement moins joli. J'ai un problème avec les avions de guerre, mais j'ai voulu avant tout comprendre ce qui motivait les pilotes. C'est clair: ces gars-là sont dopés à la vitesse. Ils n'attendent qu'une chose: décoller. Gérard Pirès le montre bien dans le film: c'est là-haut que ça se passe.»

Vous avez piloté un avion?

«Juste le vieux coucou. Gérard y tenait beaucoup. Dans les jets, par contre, c'était totalement exclu. Les pilotes nous ont emmenés une fois là-haut, pour qu'on sache ce que c'est d' encaisser des G. Cela fait mal! Ça remue, c'est très puissant. Pendant une heure, c'était vraiment de la chasse. Quand c'était plus calme, ils nous ont laissé piloter quelques minutes. Ce n'était pas trop dur. La difficulté, c'est de décoller, atterrir et surtout effectuer des missions à une vitesse folle, en ayant l'oeil à tout.»

En comparaison, pour vous, grâce aux effets spéciaux, c'étaient presque des vacances...

«Je n'irai s pas jusque-là. Gérard avait détesté Top gun parce que rien ne bouge pendant les acrobaties aériennes, ni les cheveux ni les lanières, par exemple. Il a donc fait reconstruire un cockpit articulé, à cinq-six mètres de hauteur. Quand l'avion est censé effectuer un tonneau, l'effet était reproduit dans notre cockpit! On ne prenait pas les G, mais au bout de deux heures de ce régime, croyez-moi, on en avait marre!»

Vous avez tourné six films cette année: vous voulez concurrencer Gérard Depardieu?

« C'est un mélange de chance, de conjonctions, du fait de correspondre soudain à son époque, d'être désiré. J'ai énormément de chance, mais je ne suis pas un fumiste. On peut ne pas m'aimer (jouer, c'est un acte subjectif), mais je ne suis pas un voleur: mon travail, je le fais à fond.»

© La Dernière Heure 2005

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