À l’instar de Michel Galabru qui passa sa vie à faire rire et qui décrocha un César pour son rôle (dramatique) dans "Le juge et l’assassin", Coluche a empoché la statuette pour son personnage, bouleversant, dans "Tchao Pantin". Nous sommes en 1984 et c’est un autre “rigolo” qui la lui remet : Pierre Richard. “Je me croyais vachement à l’abri vu que je fais du cinéma que l’on ne récompense pas”, dit-il, faisant rire (jaune) la salle. “Mais qui fait des entrées quand même. Parce que nous, on fait une profession particulière. Le cinéma français vit surtout avec les succès populaires que font des gens comme Jean-Paul Belmondo et récompensent surtout ceux qui font pleurer dans le genre… que je ne nommerai pas, pour n’oublier personne. Parce qu’il y en a un paquet.” C’était il y a pratiquement 40 ans, et les choses n’ont pas changé, ou si peu.

Car, oui, Coluche était arrivé au septième art par le biais de la comédie. Il y eut d’abord quelques “panouilles”, comme on les appelle dans le métier. Notamment chez Claude Berri. Mais le tournant va s’effectuer quand Patrice Leconte va faire appel à lui, en 1976, pour être le partenaire de Jean Rochefort dans "Les vécés étaient fermés de l’intérieur". Cette même année, il forme avec Louis de Funès le duo père-fils de "L’aile ou la cuisse" et le voici en orbite.

"Inspecteur La Bavure", "Le maître d’école", "Deux heures moins le quart avant Jésus-Christ", "Banzaï", "La femme de mon pote", "La vengeance du serpent à plume", "Les rois du gag": que des comédies. Et, au milieu de tout ça, donc, "Tchao Pantin", signé Claude Berri, encore. Le réalisateur tirera le meilleur de Coluche qui, à l’époque, traverse une sale période. Quatre millions d’entrées confirment l’attachement des cinéphiles à cet ovni du cinéma, comme il le fut dans tout ce à quoi il toucha.