Cristiana Reali, réellement

Cinéma

Interview > Alexis Carantonis

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Elle s'illustre dans la pièce événement Good Canary , mise en scène par M. John Malkovich himself

BRUXELLES Splendide. Et élégante. Deux qualificatifs inévitables, lorsque l'on évoque l'actrice Cristiana Reali.

La dame vit une époque charnière. Alors qu'elle éclabousse de nombreuses scènes de son talent dans Good Canary (deux Molières), elle s'est séparée, il y a peu, de son pygmalion Francis Huster. Sur son parcours, comme sur sa vie privée, beaucoup de choses ont été écrites. Ses réponses, elle a choisi de les clamer sur scène. Avec talent. Car John Malkovich ne l'a pas mise là par hasard...

De quoi parle la pièce ?

"C'est l'histoire d'un couple. Le mari va écrire un bouquin qui sera couronné de succès. Sauf que le succès, contrairement à l'idée reçue, peut parfois très mal se vivre. C'est une pièce qui traite de problèmes qui frappent tous les pans de la société. Mais c'est avant tout l'histoire de personnages. De très fragiles personnages. Moi, je joue Annie. Une femme perdue, droguée, dépressive. Un coup anorexique, un coup boulimique. Elle ne supporte pas le regard des gens et va vivre une vraie descente aux enfers..."

Un rôle bien loin des frous-frous habituels (Cyrano de Bergerac,...) auxquels vous êtes habituée...

"C'est vrai, et j'étais ravie que l'on pense à moi, justement. Même si j e n'ai pas donné que dans les bigoudis, avec, par exemple, Duo pour violoncelle , qui mettait en scène une femme dans un fauteuil roulant qui souffre de sclérose et de dépression. J'ai toujours aimé ce genre de tragédies modernes."

Y a-t-il aussi ce côté destructeur, chez vous, enfoui quelque part ?"Je suis très antidrogue. Ma seule drogue, c'est les hectolitres de thé que j'avale ! Mais je peux comprendre Annie. J'ai d'ailleurs été voir un médecin des addictions, pour apporter de la crédibilité dans mon jeu. Mais on brasse large avec elle : dépression, boulimie, anorexie, drogue, succès pas bien géré, rupture,... Plein de situations que l'on a tous côtoyées, à un moment. C'est la grande force de la pièce."

Ce n'était pas trop dur de vous glisser dans la peau d'Annie ?

"Non, car, et c'est là que l'on sent que Malkovich est un immense metteur en scène : même en nous mettant dans la peau de personnages diamétralement différents de nous, il parvient à faire ressortir notre véritable personnalité."

Êtes-vous satisfaite du chemin tracé jusqu'ici ?

"Je suis fière d'être encore là, sur les planches. Et puis d'avoir évolué. Je regrette de ne pas avoir pu plus m'exprimer au cinéma, mais c'est normal, car après tout, les réalisateurs ne viennent pas beaucoup au théâtre... Mais je me contente de ce que j'ai. Je suis quelqu'un de simple, j'aime la vie, j'ai mes amis (pas que des amis du métier), ma famille. Je ne demande rien de plus."

En savoir plus

Good Canary, le 7 février au Théâtre Saint-Michel

Réservations au 0900/00 100



© La Dernière Heure 2009

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