Benedict Cumberbatch fait ses premiers pas super-héroïques au cinéma ce mercredi, dans Dr Strange.

Il ne pleut pas sur Londres. Un signe qui ne trompe pas. La journée va être extraordinaire. Mais il ne pourrait en être autrement quand on rencontre Benedict Cumberbatch. Cet homme-là incarne presque à lui seul l’histoire du cinéma, de Sherlock Holmes à Smaug le dragon du Hobbit, en passant par le serpent Kaa dans la prochaine adaptation du Livre de la jungle, le redoutable Khan Noonien Singh qui plonge Star Trek dans le noir, Le Grinch dans l’adaptation attendue en 2018, Thomas Edison dans The Current War et, naturellement, le Dr Strange, nouveau super-héros Marvel qui va sauver le monde dès mercredi.

Un bon docteur dont l’intelligence, l’arrogance et la foi incommensurable en la science ne sont pas sans rappeler le locataire du 221 B Baker Street. "Je les ai abordés très différemment, explique-t-il d’une voix grave. Sherlock Holmes est plus égocentrique, plus anglais et il a bien moins le sens de l’humour. Certains comparent aussi le Dr Strange à Iron Man, comme si on découpait un personnage en petits morceaux. C’est presque insultant." Sa voix prend les intonations terrifiantes de Smaug. Mais le sourire en coin en dit long sur le plaisir qu’il prend. "Je n’ai pas été bercé par les super-héros. Mon premier contact avec eux, c’était Batman au cinéma. C’est l’humour du personnage qui m’a convaincu. Il amène du recul sur la vie, sur tout ce qu’il vit. C’est très important. Cela permet d’aborder des thèmes très riches, philosophiques ou fondamentaux sur le sens de la vie, de manière divertissante. Ces dimensions, humaines et profondes, apportent du réalisme à cet univers de comics et permettent de ressentir de l’empathie pour cet homme qui n’est pas qu’arrogant."

Et dont il se sent proche par certains aspects. "J’ai enseigné dans un monastère bouddhiste près de Darjeeling quand j’avais 19 ans. Cela m’a ouvert l’esprit. Il y a différentes manières de voir les choses. La méditation, par exemple, m’a énormément aidé sur ce tournage. Déjà parce qu’elle est au cœur du film : il faut de la compréhension et de l’empathie dans ce monde de fou. Ensuite, à l’écran, tout bouge tout le temps dans tous les sens. La méditation vous apprend à ne pas lutter contre le courant mais à en faire votre allié. J’ai adoré le défi physique que représentaient les combats (le yoga m’a aussi énormément aidé pour la souplesse), l’entraînement intense ou les séances de maquillage. La scène d’accident, par exemple, on l’a tournée à 4h du matin. Il faisait froid, j’étais à moitié dans l’eau et couvert de sang. C’était vraiment amusant ! Il faut savoir profiter de ces instants-là et la méditation favorise cela."

Finalement , une seule scène est parvenue à troubler sa sérénité. Lorsque, couché sur un lit d’hôpital, son esprit quitte son corps. "C’était vraiment amusant à jouer. Et incroyablement rapide. Mais lorsque j’ai vu le résultat à l’écran, j’ai eu un choc. C’était brillant, fantastique et un peu déroutant de me voir quitter mon propre corps. Cette séquence vous plonge dans une dimension spirituelle. Tout ne peut pas être expliqué par la science, et certains vont chercher des réponses dans la prière, la méditation ou dans la philosophie pour tenter de mieux cerner la réalité."

Clairement, Benedict Cumberbatch s’est pris au jeu super-héroïque. Au point d’attendre avec impatience de retrouver le Dr Stephen Strange dans Avengers : Infinity War, en 2018. Et peut-être plus si affinités avec les autres sauveurs de la galaxie.