Proof. Avec Anthony Hopkins et Gwyneth Paltrow

BRUXELLES En adaptant à l'écran une pièce à succès détentrice du Pulitzer en 2001, John Madden ne prenait pas de grand risque. Proof évoque le deuil de la fille d'un éminent professeur de mathématique disparu après de longues années de maladie. Le malheureux souffrait de graves troubles mentaux et durant la dernière partie de sa vie, seule sa fille cadette s'occupait encore de lui. La disparition du savant ne met cependant pas un terme naturel au drame. Car la soeur aînée veut mettre en vente la maison familiale et faire table rase du passé alors qu'un doute subsiste sur une importante découverte que le père aurait accomplie avant sa disparition. Avec l'aide d'un élève de son père, la jeune femme va se replonger dans de douloureux souvenirs, et ce malgré la totale désapprobation de la frangine...

David Auburn est l'auteur de la pièce qui avait déjà pour comédienne principale sur les planches Gwyneth Paltrow elle-même, laquelle avait aussi, par ailleurs, brillé sous la caméra de John Madden dans Shakespeare in love. Ajoutons-y la personnalité d'Anthony Hopkins, acteur... britannique ne l'oublions pas, et le jeune talent de Jake Gyllenhaal (également en tête d'affiche de Jarhead qui sort aujourd'hui) et on conviendra que Proof avait tout pour plaire. Dans le registre dramatique, l'ouvrage s'inscrit dans une bonne moyenne, mais sans toutefois atteindre des sommets. Le style reste parfois un peu trop théâtral, notamment au niveau des dialogues, ce qui est flagrant dans certains passages, et la mise en scène manque globalement d'ampleur. Un peu trop classique et prévisible, Proof devrait cependant séduire les amateurs de cinéma dramatique et intimiste.

© La Dernière Heure 2006