Dany Boon a expliqué hier à Bruxelles pourquoi il ne se rendra pas aux Césars le 27 février

BRUXELLES Même s'il est venu à Bruxelles avant tout pour assurer la promotion du Code a changé, la comédie (très réussie) de Danièle Thompson qui sortira en salle mercredi prochain, Dany Boon s'attendait à être longuement interrogé sur les Césars. Anticipant les questions, il a tenu à expliquer pourquoi il ne se rendra pas à la cérémonie le 27 février.

"Je ne suis ni fâché, ni vexé, ni capricieux, je ne boude pas, je ne boycotte rien, mais vu la place que j'ai prise dans le cinéma français, j'ai pris cette décision logique, pas méchante ni agressive, de ne pas y aller. Pas parce que mon film n'a qu'une nomination, mais parce que la comédie n'est pas assez représentée aux Césars, un peu tous les ans. Ce n'est pas moi qui boycotte les Césars, mais les Césars qui boycottent la comédie."

Tout en précisant qu'il "ne mérite rien", il ajoute : "Je ne vais pas aller faire l'hypocrite, sourire, applaudir et raconter que ce n'est pas grave. Beaucoup d'artistes et de réalisateurs m'ont dit que c'était une honte, de par la prestation de Kad, parce que c'est le plus grand succès de tous les temps pour un film français, mais aussi parce que c'est la dernière production de Claude Berri à qui on aurait ainsi pu rendre hommage."

Même s'il en parle calmement, le sujet, manifestement, lui tient à cœur. "La récompense du public est la plus belle. Bienvenue chez les Ch'tis a attiré près de 26 millions de spectateurs dans le monde - et ce n'est pas fini -, on n'attendait donc pas après un César. Je ne réclame d'ailleurs rien. Je ne veux même pas gagner le César du meilleur scénario. Je serais embêté : je préfère ne pas l'avoir."

Tout en reconnaissant qu'on lui avait proposé d'animer la soirée ("J'aurais dû accepter : au moins, je serais monté sur scène !"), Dany Boon précise sa pensée. "Si cette polémique amène la création d'une catégorie spéciale du César de la meilleure comédie, tant mieux. C'est la fête du cinéma et le public n'est pas représenté, ce n'est pas normal. Ne pas donner de prix à un film car il a fait des millions d'entrées, cela n'a pas de sens. Ou alors, faisons les Césars du non-succès !"

Toujours souriant , l'homme aux oreilles décollées conclut : "Ce n'est pas plus grave que ça. Si on crée le César de la meilleure comédie, je serai ravi de le remettre l'an prochain..." Et pourquoi pas au Code a changé ?



© La Dernière Heure 2009