Il charrie Patrick Bruel... dont il a refusé le rôle dans Le code a changé

BRUXELLES Depuis le triomphe des Ch'tis, tout est permis à Dany Boon, mari de Sophie Marceau dans De l'autre côté du lit et époux qui papillonne entre Karine Viard et Emmanuelle Seigner dans Le code a changé.

"Danièle Thompson m'avait proposé deux personnages, explique-t-il, taquin. En plus de Piotr, elle m'avait demandé ce que je pensais du cancérologue (joué par Patrick Bruel, NdlR). Mais je me trouvais trop jeune pour ce rôle-là. Ça va faire plaisir à Bruel..."

Avec son sourire et ses oreilles à la Dumbo, Dany Boon a l'air d'un grand gosse, toujours mi-sérieux, mi-facétieux. "J'essaie toujours de voir ce que je peux apporter au personnage, au film, et inversement. Ici, j'aimais le côté en retrait, hors de la vie, dépressif sans les antidépresseurs, dans les nuages. Il a une femme castratrice, envahissante, compliquée et, du coup, il n'existe pas. Je ne me reconnais pas du tout en lui : c'est intéressant."

En manque de sourires , il change aussitôt de sujet pour aborder le plat qu'il prépare dans le film, le Bugos. "En cuisine, je suis nul. Je ne le connaissais pas. Il n'y a rien de pire ! C'est du chou et des oignons cramés. Comme on a recommencé 30 fois la scène, on ajoutait à chaque fois des oignons et des épices. C'était infect !"

Voyant que la sauce prend, il ne se prive pas d'en rajouter une louche. "Au cinéma, ce qu'on mange n'est jamais bon. Prenez une scène de resto romantique. On tourne rarement au resto mais souvent de nuit, entre 23 h et 6 h du matin. À 4 h 30, quand, pour la 38 e fois, vous devez faire semblant de savourer un bon steak, dès qu'on arrête la prise, on crache le morceau de viande froid, dégueulasse !" Le tout agrémenté d'une petite séance de grimaces.

"Ce n'est même pas arrosé. C'est décevant. Mais après De l'autre côté du lit, je ne suis pas non plus rentré avec Sophie Marceau... C'est décevant, non ? Ce n'est pas vrai; j'ai une femme magnifique."

Sur laquelle il compte énormément. "Mon prochain film aura forcément moins de succès. Cela va m'exposer à la critique. Mais je ne me drogue pas, ma vie de famille est équilibrée, je vais mettre un K-way et laisser passer l'orage. Bruel a connu ça. Il a été allumé par la presse mais est toujours là. aujourd'hui. J'espère devenir un vieil artiste comme lui... (rire)"



© La Dernière Heure 2009