Il présidera les Césars 2015, six ans après avoir durement critiqué la fête du cinéma français.

Il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis. Et ni Dany Boon ni l’Académie des Césars ne sont des imbéciles. La preuve : la quarantième fête du cinéma français sera présidée par l’humoriste préféré de l’Hexagone. Qui, voici un peu plus de cinq ans, menait la fronde contre les Césars au point d’évoquer le boycott de la cérémonie de 2009.

Petit rappel des faits. Après l’annonce des nominations en 2009, Dany Boon ne peut cacher sa déception. Voire sa colère. Bienvenue chez les Ch’tis, le film de tous les records d’audience, est snobé par la grande industrie du cinéma. Et doit se contenter d’une seule nomination, pour le meilleur scénario. "C’est dommage, déplorait-il à l’époque . C’est la fête du cinéma et on n’y est pas représentés. La fête est gâchée. Il y a 10 ans, Les Visiteurs avaient récolté dix nominations et n’avaient reçu aucune récompense mais au moins le film avait été retenu au premier tour. Par respect pour le public, je m’attendais à ce que le film soit bien représenté au premier tour. Cela aurait été un juste retour des choses. Bienvenue chez les Ch’tis a beaucoup aidé le cinéma français notamment financièrement et a prouvé à Hollywood que le cinéma français existe."

Dans la foulée, il avait aussitôt réclamé la création d’un César de la meilleure comédie. "C’est la base du cinéma, les premiers films étaient des comédies. Le problème des César et les Molière c’est pareil : quand on a du succès, ça crée une forme de jalousie. Les gens se disent : Il a le succès, il a tout, il ne va pas non plus avoir les récompenses !"

Finalement, il n’avait pas boycotté la soirée. Il s’y était rendu… en jogging. Pour y déclarer, avec humour : "C’est mon conseiller en communication qui m’a monté le bourrichon. Jacques Séguéla, qui m’a dit, si à 40 ans, t’as pas de César, c’est que t’as raté ta vie. J’ai 42 ans, je n’ai pas de César, j’ai raté ma vie."

Le César de la meilleure comédie n’a jamais été créé. Mais avec un président comme Dany Boon, il est peu probable que les Français boudent l’an prochain le genre qui leur réussit le mieux dans le monde.