David Fincher sculpte le visage de Brad Pitt

Cinéma

P. L.

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David Fincher sculpte le visage de Brad Pitt
© D.R.

L'étrange histoire de Benjamin Button fait l'événement dès demain dans les salles de cinéma


Une vie à l'envers


BRUXELLES Réalisateur culte depuis Seven (en 1996, tout de même...), David Fincher est aussi le cinéaste américain le plus inclassable. Et, souvent, le plus surprenant. Alien 3, The game, Fight Club, Panic room ou Zodiac sont autant de plongées très différentes dans la noirceur de l'âme humaine. Trait qu'on ne retrouve... absolument pas dans L'étrange histoire de Benjamin Button, une fable mélodramatique d'une infinie gentillesse. Inspirée (mais juste pour l'idée de base) d'une nouvelle de Francis Fitzgerald.

"C'est vrai, mais je ne peux pas dire dans quelle mesure, parce que c'est réellement basé sur la version du scénariste Eric Roth, explique-t-il. Pour dire la vérité, je n'ai pas lu cette histoire courte avant 2005, juste avant le début du tournage du film."

À ce moment-là, cela faisait déjà presque quinze ans que le scénario traînait dans les tiroirs des grands studios. "La première fois que j'en ai entendu parler, en 1991 ou 1992, Steven Spielberg avait l'intention de le tourner avec Tom Cruise. Plus tard, j'ai perdu la trace du film jusqu'à ce que mon ami Spike Jonze soit pressenti pour le réaliser. Cependant, il a laissé tomber le projet (je me rappelle de lui avoir dit de bien y réfléchir)."

Par un curieux hasard , le scénariste Eric Roth a pensé à lui pour enfin mettre l'histoire en boîte. "Le plus gros problème, c'était l'âge. Mais comme je viens des effets spéciaux, je leur ai dit de ne pas s'inquiéter."

À juste titre : les transformations physiques sont éblouissantes et mériteraient un Oscar. "J'ai demandé à Brad Pitt s'il se sentait capable de jouer un Monsieur-Tout-le-Monde. Il fallait qu'on puisse reconnaître l'acteur lorsque le personnage a 5 ans à l'intérieur et 85 à l'extérieur. L'idée de prendre le visage de quelqu'un de très populaire et de le sculpter à travers le temps était non seulement intéressante mais capitale pour moi."

La performance de son acteur fétiche, sans surprise, l'a épaté. "On l'avait choisi pour The Fight Club parce qu'il est extraordinaire, capable de rendre extrêmement dangereux un personnage incroyablement séduisant. Mais, peut-être en raison de l'intérêt que les gens portent à sa vie privée, ils ont tendance à oublier à quel point il est bon comédien. Jusqu'à ce qu'ils le voient sur l'écran et se disent : Wow !"

C'est clair : pour lui, Brad Pitt mérite de décrocher l'Oscar le 22 février.



© La Dernière Heure 2009

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