L’acteur fétiche de Bergman est mort ce lundi à 90 ans. Il a tourné avec les plus grands.

En 1957, dans Le Septième Sceau d’Ingmar Bergman, Max von Sydow incarnait un chevalier du XIVe siècle de retour de croisade. Croisant la Mort, il lui demandait de jouer avec elle une partie d’échecs pour retarder l’échéance fatale. La partie aura duré plus de 60 ans. L’immense acteur suédois s’est éteint lundi à 90 ans.

Né Carl Adolf von Sydow le 10 avril 1929 à Lund, en Suède, il se passionne pour le théâtre dès l’école. Remarqué par Alf Sjoberg, il devient alors l’acteur fétiche d’Ingmar Bergman. Jusqu’en 1971, le maître suédois le fera tourner à 13 reprises, notamment dans quelques-uns de ses chefs-d’œuvre : Le Septième Sceau (1957), Les Fraises sauvages (1957), La Source (1959), Les Communiants (1962) ou L’Heure du loup (1967).

En route pour Hollywood

Le succès des films de Bergman tout comme son don pour les langues - outre le suédois, il parlait anglais, allemand, français, italien, espagnol, norvégien et danois ! - faciliteront sa carrière internationale. Et c’est William Friedkin qui en fera une star internationale en lui confiant le rôle du père Merrin dans L’Exorciste en 1973.

Durant les années 70 et 80, von Sydow enchaîne les collaborations avec les plus grands : Sydney Pollack, Bertrand Tavernier, David Lynch, Wim Wenders ou le Danois Bille August qui le fait jouer dans ses deux Palmes d’or : Pelle le Conquérant, avec une nomination aux Oscars, et Les Meilleures Intentions .

Avec l’âge, ses traits se sont creusés et sa silhouette s’est allongée. Un physique mis en valeur dans une série de grosses productions hollywoodiennes comme Judge Dredd en 1995, Minority Report de Steven Spielberg en 2002 ou Shutter Island de Martin Scorsese en 2010. Pour les plus jeunes, il restera sans doute la Corneille à Trois Yeux dans Game of Thrones ou Lor San Tekka dans Star Wars : Le Réveil de la force de J.J. Abrams.

À côté de ces blockbusters américains, l’acteur était resté fidèle au cinéma européen. Il a campé un médecin pour Éric-Emmanuel Schmitt dans Oscar et la dame rose (2010) ou un croque-mort pour Bouli Lanners dans Les Premiers, les Derniers . En 2018, il apparaissait aussi en amiral de la marine russe dans la coproduction belge : Kursk .