C’est Bouli, le premier, qui a tiré sa révérence. Le 4 mai 2017, le gang des quatre lascars d’Un éléphant, ça trompe énormément perdait Victor Lanoux, âgé de 80 ans. “Notre rencontre date de quarante ans, on se croisait parfois, mais je m’en veux de n’avoir pas été plus attentif... Je ne pouvais pas savoir qu’il allait nous quitter, mais j’aurais pu être plus présent”, regrettait Guy Bedos. “On riait beaucoup ensemble, on partageait un certain humour, on faisait du drôle avec du triste, on appliquait cette définition de l’humour dont on dit qu’il est la politesse du désespoir...”

Quelques mois plus tard, à la stupéfaction générale - une pétition circulera d’ailleurs pour dire que l’on refuse qu’il soit mort - c’était au tour du moustachu le plus insensé d’aller voir ailleurs s’il y était. Jean Rochefort - alias Etienne Dorsay - disait adieu à son Paname natal le 9 octobre. C’était encore Bedos qui s’y collait. “Je suis forcément très touché”, confiait-il à Télé Loisirs. “Nous étions toute une bande, avec Jean, Jean-Paul Belmondo, Jean-Pierre Marielle et quelques autres. Je commence à perdre beaucoup d’amis, je suis très triste.

Ceux qui restaient, hélas, ont fait le même constat que lui, le 28 mai dernier. A son tour, celui qui par deux fois se fit martyriser par Marthe Villalonga dans le costume de Simon Messina, nous quittait, après une longue maladie. La France était confinée, mais son fils Nicolas avait tenu à organiser des obsèques presque joyeuses, comme les aurait voulues son père.

Claude Brasseur était donc le dernier de la bande. Celui qui, canne blanche à la main, dézinguait la boutique d’une fleuriste pour faire rire son ami Bouli qui déprimait un peu, celui qui, le jour de son mariage, finissait par avouer à ses comparses qu’il préférait les hommes.

Le plus bel hommage à Brasseur, c’est encore à un Bedos qu’on le doit. Nicolas, en l’occurrence. Sous une photo tirée du film Nous irons tous au paradis, il a simplement commenté “Voilà. Amusez-vous bien”.

Pas mieux.