Douze nominations aux César, dans un rôle secondaire (pour Subway et On connaît la chanson), comme meilleur acteur (pour Le sens de la fête, La vie très privée de Monsieur Sim, Cherchez Hortense, Les sentiments, Le goût des autres, Kennedy et moi) et surtout comme scénariste, avec Agnès Jaoui (Smoking/No Smoking, Un air de famille, On connaît la chanson, Le goût des autres, Comme une image) : les chiffres et les titres des films en disent long sur le talent multifacettes de Jean-Pierre Bacri, qui vient de décéder à 69 ans.

Au final, cinq trophées atterriront sur sa cheminée : pour les scripts de Smoking/No smoking en 1993, Un air de famille en 1997, On connaît la chanson en 1998, Le goût des autres en 2001, et un dernier pour son rôle secondaire dans On connaît la chanson.

En 2018, il aurait mérité mille fois le prix du meilleur comédien pour sa prestation éblouissante dans Le sens de la fête. Le film de Nakache et Toledano résumait parfaitement la personnalité de cet éternel bougon, incarnation du râleur à l’esprit acéré, qui cachait derrière ses piques hilarantes une grande gentillesse et beaucoup de simplicité.


Révélé en proxénète dans Le grand pardon

S’il faisait rire tout le monde avec son esprit critique et sa manière décalée d’analyser la société contemporaine, dans un premier temps, c’est avec un rôle de proxénète dans Le grand pardon ou en inspecteur Batman dans Subway qu’il s’est imposé dans le cinéma hexagonal

Jusqu’aux années 90, il était perçu comme un acteur de dramatiques ou de thriller. Une image qui change radicalement avec les scénarios écrits à quatre mains avec Agnès Jaoui. Cuisines et dépendances, en 1993, impose son personnage bougon, insatisfait, de mauvaise foi, dont les coups de gueule font hurler de rire les spectateurs. Le comique désabusé, fatigué de l’absurdité de la vie, devient sa marque de fabrique. Il le déclinera avec une infinie subtilité de film en film, jusqu’à Photo de famille, 62e et dernière ligne d’une filmographie remarquable. Il avait Le goût des autres, Le sens de la fête et faisait, Au bout du conte, partie de nos Meilleurs copains. Lui qui avait joué dans On ne meurt que deux fois a malheureusement emprunté définitivement La rue du départ.