L'actrice signe son retour sur grand écran dans Happy Tears, présenté au Festival de Berlin

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Une histoire de famille


BERLIN Une Américaine succède à une autre Américaine. Après la blonde Michelle Pfeiffer, ce fut au tour de la brune Demi Moore de s'octroyer un petit détour par la Potsdamer Platz afin de présenter Happy Tears , sélectionné en compétition dans cette 59e Berlinale.

Autant la première fut disponible, autant la seconde a fui les micros, se contentant du minimum syndical pour évoquer le nouveau film de Mitchell Lichtenstein, l'histoire des retrouvailles entre deux sœurs très différentes, venues au chevet de leur père malade (Rip Torn). Si Jayne, la cadette (Parker Posey), a une apparente facilité à se déconnecter d'une réalité trop éprouvante, son aînée Laura (Demi Moore), militante écolo, a, elle, les pieds sur terre.

"Pour ce rôle, je voulais vraiment une interprète normale", dit le réalisateur. "J'ai toujours admiré le travail de Demi et ça m'emballait de la voir dans un personnage de la vie de tous les jours. Sans glamour. Et il faut croire qu'elle aussi en avait envie..."

Ce que l'intéressée confirme aussitôt. "Mes choix reposent essentiellement sur deux critères : les personnes avec lesquelles je vais travailler mais aussi la thématique explorée" , souligne l'actrice. "J'avais adoré Teeth, le premier film de Mitchell. Je l'avais trouvé... captivant (rires). Celui-ci s'aventure dans un tout autre registre. Mais il n'en est pas moins charmant dans sa façon de nous présenter une perspective quelque peu étrange de ce que l'on considère comme la normalité."

Accueilli tièdement à la Berlinale, Happy Tears et sa galerie de personnages déjantés offre néanmoins quelques scènes cocasses et d'autres, peu ragoûtantes, comme celle où les deux sœurs prennent en main leur père, incontinent. "C'est moi qui ai suggéré que Laura porte des gants en plastique jaunes ", se souvient D. Moore amusée.

"La m... c'était en fait du pudding au chocolat. Rip Torn a été très coopératif. Il se laissait continuellement tartiner les fesses. C'était très amusant" , ajoute-t-elle dans un grand éclat de rire partagé avec sa voisine de table, Parker Posey.

La complicité entre les deux brunettes est flagrante. "Sur ce film, nous avons tout partagé" , insiste D. Moore. "Et c'est plutôt rare sur un tournage. Une belle amitié s'est nouée entre nous."

Cette camaraderie débouchera-t-elle sur d'autres collaborations, dans cet univers du cinéma indépendant, dont Parker Posey est devenue une des interprètes emblématiques ?

Demi Moore, en tout cas, ne souhaite s'enfermer dans aucun carcan. "Aujourd'hui, il n'est pas plus osé de dire oui à un film indépendant qu'à un long-métrage de studio. Chaque projet comporte sa part intrinsèque de risques. Et au final, ce qui compte c'est l'histoire dans laquelle vous allez vous retrouver et les partenaires avec lesquels vous allez tourner."



© La Dernière Heure 2009