A good woman. Avec Helen Hunt et Scarlett Johansson

BRUXELLES Dans un paysage cinématographique surpeuplé de productions américaines dont les effets spéciaux tiennent lieu de scénario, de comédies michaelyounesques neuneu ou de prises de têtes hexagonales massacrées par des comédiens obnubilés par l'intellectualisation du message, la sortie de A good woman constitue un bol d'air frais. Rien de surprenant: Mike Baker a adapté une pièce d'Oscar Wilde, L'éventail de Lady Windermere. Une garantie en matière de répliques soignées et de récits bien construits.

Mais encore fallait-il trouver les acteurs susceptibles de toucher les cordes sensibles modernes, faire ressortir les traits fondamentalement humains de personnages engoncés dans leurs rôles sociaux. Et là, on ne peut qu'être émerveillé par la subtilité du jeu d'Helen Hunt, magnifique femme fatale croqueuse de diamants, ou la fragilité de Scarlett Johansson, romantique et fidèle au milieu de dépravés cyniques.

Une partie de la jet-set se retrouve en Italie, durant l'été 1930, pour tromper l'ennui dans les bras d'une autre femme ou d'un verre d'alcool en écoutant les ragots salaces au milieu de gens comme il faut, seuls acceptés dans les clubs les plus huppés. Meg, délicieusement naïve et fraîchement mariée au très vertueux Lord Windermer, fait l'objet de toutes les attentions. Tout comme l'intrigante Mrs Erlynne, experte en séduction qui semble énormément attirer le jusque-là respecté Lord Windermer.

Si la mise en scène, trop proche du théâtre filmé, manque de punch, les textes et le jeu des deux comédiennes principales masquent très largement cette faiblesse. Les faux-semblants, les réflexions sur la nature humaine et la cocasserie des personnages font le reste: on passe un excellent moment, souriant et intelligent. C'est tellement rare...

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© La Dernière Heure 2005