My Summer of Love. Plus anglais qu'il n'y paraît

BRUXELLES Voilà un film anglais qui fait pas mal de bruit et qui, il est vrai, ne manque ni d'originalité ni de qualité. My Summer of Love raconte pourtant l'histoire assez banale de deux adolescentes découvrant les joies réciproques d'une passion physique et mentale spontanée. Mona, 16 ans, s'ennuie à mourir avec son frère aîné qui a choisi de transformer le pub familial en... temple de reconversion au christianisme. C'est l'été et il fait chaud lorsque la jeune fille, errant sur un vélomoteur sans moteur (!) rencontre Tasmin, une jeune de son âge, de bonne famille et de bonne éducation sur son cheval. A deux, elles vont bientôt refaire le monde en faisant leur monde. C'est le début d'une histoire d'amour ambiguë et forcément malsaine...

Ex-spécialiste du documentaire, Pawel Pawlikovsky s'est librement inspiré d'un roman connu d'Helen Cross pour son deuxième long-métrage de fiction qui semble confirmer de réelles ambitions. Tourné en décors naturels dans de très belles régions d'Angleterre (le Yorkshire et le Lancashire, pour être précis...), l'ouvrage joue admirablement sur un jeu de caméra mettant subtilement en valeur l'engagement de deux comédiennes visiblement portées par le sujet, Nathalie Press et Emily Blunt. Elles rêvaient de jouer les Thelma et Louise en herbe, et le résultat est assez réussi, même si on n'évite pas certains clichés gros comme des maisons et un épilogue à la fois abrupt et moral, un peu comme si la censure de l'époque victorienne était finalement passée par là!

© La Dernière Heure 2005